Band 
Livre IX. L'Asie Antérieure.
Seite
311
JPEG-Download
 

MŒURS, GOUVERNEMENT DE LA PERSE.

511

en servitude 1 . D’ailleurs les esclaves sont généralement traités comme s’ilsfaisaient partie de la famille et le nom qu’on leur donne d’ordinaire estcelui de butcha ou « enfants ». Ils peuvent devenir propriétaires, bienqu’en droit tout ce qu’ils acquièrent appartienne à leur maître \

L’instruction élémentaire est plus développée en Perse que dans certainesprovinces de l’Europe . A presque toutes les mosquées s’annexe une écoleou médressé ; tous les enfants des villes et ceux de la plupart des villagesapprennent à réciter des versets du Coran , des strophes de leurs poètes;leur goût poétique est assez développé pour que chaque Persan , dans leshazars, les boutiques, les campements des caravanes, prenne plaisir à larécitation des idylles de Ilaliz ou des vers de Firdousi ; des milliersd’entre eux sont cux-mèines fort habiles à composer des vers, à rédiger desmémoires sur un point de science, sur un dogme théologique ou sur unproblème d’alchimie. Dès le milieu du siècle, on traduisait en persan, sousla direction de M. de Gobineau , des ouvrages tels que le Discours sur luMéthode. Le titre de mirza, placé, il est vrai, au commencement ou à la lindu nom, suivant le sens qu’on lui donne, signifie également « prince »ou « lettré » : « L’encre des savants est plus précieuse que le sang desmartyrs, » répètent les Persans avec le Prophète. Cependant l’imprimerie,introduite à Tabriz dès le commencement du siècle, est encore peu utili-sée; les manuscrits sont reproduits surtout par la lithographie; une belleécriture étant considérée comme une des acquisitions les plus précieuses,on tient à se servir du procédé qui respecte le plus la forme élégante deslettres manuscrites. Les Persans ont aussi quelques journaux à Tabriz ,Téhéran , lspahan ; mais ces feuilles, rédigées sous les yeux des gouver-neurs, sont loin d’être, comme dans les pays d’Europe , l’un des « pou-voirs de l’Etat ».

La Perse est un empire déchu en étendue territoriale et en population,de même que par l’importance relative de son commerce et l’activité de sonindustrie, mais le souverain du pays n’a point subi de diminution officiellede son pouvoir et le langage qu’il tient à ses peuples n’est pas moins fierque celui d’Artaxercès ou de Darius, quand ils célébraient leur gloire, pardes inscriptions gravées sur le roc, dans les langues de sujets innom-brables. Que sont les « Majestés » d’Europe , les « rois par la grâce de

Polak, ouvrage cité.

! Gastciger, Uoh Kirman nach Baludscliislan.