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des groupes strictement monarchiques. Le chef de tribu, ou l'ilkhani,dépend directement du chah ou du hakim, et prenant aussi le titre de« pilier de l’Etat », est le seul maître et seigneur de la peuplade dont ilgarantit l’obéissance.
L’armée se compose principalement de Turcs et de Turkmènes levésdans les provinces du nord-ouest, où les instincts guerriers sont beaucoupplus développés que dans les pays habités par les Persans proprement dits;les chefs kachkaï, les ilkhani bakhtyari, les cheikh de l’Arabistan four-nissent des bandes de cavaliers redoutés. Chaque grande tribu d’Iliat doitéquiper un foudj, c’est-à-dire une troupe de 800 cavaliers pour le servicedes frontières. Les chrétiens et les Guèbres sont exemptés du service, demême que les gens de Kaclian, qui ont une réputation traditionnelle decouardise 1 ; le soldat ou serbaz, c’est-à-dire « l’homme qui joue sa tète »,n’est pris que dans les races guerrières. Dans son ensemble, cette armée,différente par l’origine du peuple qu’elle est chargée de tenir en soumis-sion, n’est que trop disposée à traiter les habitants en vaincus et souvents’est elle-même payé les arriérés de solde en pillant un district. Jusqu’en1875, les soldats appartenaient au roi pendant toute leur vie et ne ren-traient dans leurs foyers qu’en congés temporaires; actuellement, si l’onen croyait les documents officiels, le service serait réduit à douze années etle recrutement se ferait par tirage au sort, avec faculté de remplacement;mais ces réformes ne sont faites que sur le papier. En réalité l’ancien sys-tème est maintenu : l’homme qu’on enrôle est celui qui paye le moinscher sa rançon*. L’armée régulière ou nizam, dans laquelle entrèrentjadis beaucoup de déserteurs russes , est équipée et disciplinée à l'euro-péenne, sous la direction d’instructeurs étrangers; depuis le commence-ment du siècle, des officiers français, anglais , autrichiens, ont travaillé àl’organisation des troupes, à la construction des forteresses et à l’approvi-sionnement des arsenaux; de nos jours, ce sont principalement des Russes et des Austro-Hongrois qui sont chargés de l’enseignement militaire; saufquelques escadrons de cavaliers costumés en cosaques, les soldats ontl’uniforme autrichien. D’après les états officiels, l’armée comprendrait77 bataillons d’infanterie à 800 hommes, 79 régiments de cavalerie,20 régiments d’artillerie, 1 bataillon de pionniers. L’ensemble de l’arméedépasserait 100000 hommes, disposant de 200 canons, mais en moyenneil n’atteint pas la moitié de cet effectif; une dizaine de mille hommes