GOUVERNEMENT DE LA PERSE.
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comble d’honneurs ou fait étrangler suivant son caprice. Les principauxvizirs sont ceux des affaires étrangères, de l’intérieur, des finances, de lajustice, de la guerre, des fondations pieuses. Un des vizirs les moins in-lluents est celui des sciences. Un auteur sérieux raconte que l’un de cesministres dut sa nomination à une heureuse idée, l’envoi d’une dépêcheannonçant la maturité des melons.
Le régime administratif est celui des anciennes satrapies. Les provincesobéissent à des hakim ou gouverneurs, « piliers et soutiens de l’Etat », qui,choisis pour la plupart dans la famille royale et résidant à Téhéran , sontremplacés dans les provinces par des vizirs secondaires. Leur pouvoir,émanation de l’autorité royale et sans appel, comprend le droit de vie, detorture et de mort. « Le roi ne sourit que pour montrer ses dents de lion, »dit le proverbe persan, rapporté par Chardin ; il ne manque pas d’exemplesrécents de gens que le maître, se couvrant du manteau rouge, le « man-teau de la colère », a fait murer vifs dans les constructions d’un palais,déchirer à coups de fouet ou brûler à petit feu. L’emprisonnement, coû-teux au trésor, est une des peines les moins appliquées; il est rare quela captivité d’un condamné dure des mois ; le jour du nouvel an ouvretoutes les prisons 1 . Les chefs de district sont souverains dans leur cir-conscription, de même que les kelanter ou commandants de police pré-posés au gouvernement des villes. Comme dans les autres pays musul-mans, la jurisprudence se confond avec la religion; les cheikh-el-islamsiègent comme juges dans les chefs-lieux de province et nomment les tri-bunaux secondaires, les magistrats chargés de trancher les différends et dejuger les délits en appliquant comme il leur convient, soit les décisionsdu Coran , soit les précédents fournis par la coutume. Cependant on trouvedans chaque ville et dans beaucoup de villages les rudiments d’une jus-tice et en même temps d’une représentation populaires : tous les marchandsse réunissent pour élire leur syndic, chargé de concilier les intérêts etde défendre la communauté devant juges et gouverneurs, mais en outretenu pour responsable de tout désordre qui pourrait avoir lieu dans sondomaine. En cas de dommage, c’est à lui de le compenser; aussi la police,grâce à une surveillance intéressée, est-elle beaucoup mieux faite en Perseque dans la Turquie d’Asie *; les gens des villages ne sont point armés etrarement leurs discussions dégénèrent en disputes. Les populations nomadesont une organisation distincte, mais, comme les provinces, elles forment
1 F. do Filippi, Note di un Yiaggio in Persia; — Wells, The Land of Lion and Sun ; —■ Gi’attanGeary, Through Asiatic Turkeg; — De Gobineau , Religions et Philosophies dans TAsie Centrale.
' II. Petermann, Reisen im Orient ; — De Gobineau, Trois ans en Asie.
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