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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
cette région l’activité volcanique paraît avoir eu lieu avant la période gla-ciaire; les seuls indices des foyers souterrains sont de fréquents tremble-ments de terre et la présence de nombreuses sources thermales qui jail-lissent à la base des monts et dans les liants 1 . D’après Slrecker, le sommetdu Kolat-dagh (2900 mètres), qui se dresse sur la crête de la grandechaîne, à plus de 50 kilomètres au sud de Trébizonde , serait le mont Thè-chès, d’où les Dix Mille, commandés par Xénophon , aperçurent enfin lamer et la saluèrent de cris joyeux comme le terme de leurs maux. Maiscette croupe n’est point d’un accès facile pour une armée avec tous sesbagages et ses convois d’approvisionnements, et sur le versant septentrio-nal la descente du Kolat-dagh est impraticable. C’est plus près de la meret sur un seuil traversé par route ou sentier qu’il faut chercher le lieu, sisouvent mentionné par les anciens, d’où les Grecs virent à leurs pieds lesverdoyants rivages et l’étendue des eaux resplendissantes. Cependant ilexiste au sud du Kolat-dagh et même du col de Yavoug, tout près du che-min que durent suivre les Grecs, une montagne de 2400 mètres d’altitude,du sommet de laquelle on voit parfaitement la mer; sur la plus hautecroupe s’élève un tertre de blocs porphyriques d’une dizaine de mètres,entouré d’autres amas en forme de cônes tronqués. M. Briot, qui décou-vrit ce monument, le considère comme une hutte commémorative dresséeparles Grecs, et la croupe qu’elle surmonte serait le mont Thèchès 9 .
L’immense labyrinthe des Alpes d’Arménie ou de l’Anti-Caucase, quioccupe toute la région comprise entre le bassin de la Koura transcauca-sienne, la mer Noire et le haut Euphrate , embrasse aussi, au sud et au sud-ouest de l’Ararat, le vaste bassin du lac de Van et la contrée qui l'entourejusqu’à la frontière persane. Le sol de cette région est partout très élevé.Au sud du Perli-dagh, une dépression du plateau renferme un lac, leBalik-gôl, ou « lac des Poissons », dont l’altitude n’est pas moindre de2257 mètres ; un torrent en épanche le trop-plein dans un tributaire del’Araxe. Le Mourad ou Euphrate méridional, qui coule au sud de ce bassinlacustre, parcourt, à 2000 mètres, une âpre vallée resserrée entre les blocsde lave descendus des cratères et des crevasses volcaniques. Les escar-pements arides, les pitons déchirés qui dominent les éboulis, donnent unaspect sauvage, presque terrible, à ces solitudes pierreuses. Au nords’élève la masse puissante de l’Ararat aux roches noires rayées de neige; ausud se prolonge une chaîne moins élevée, mais de pente formidable.
1 Palgrave, Essaye on Eastern Questions.- Briot, Fioles manuscrites.