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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
sujet, de changements considérables subis par le niveau de cette mer inté-rieure. De.1858 à 1840, elle monta de 5 à 4 mètres. Les riverains racon-tèrent àLoftus qu’au commencement du dix-septième siècle l’eau s’était éle-vée de la même manière pendant quelques années, puis qu’elle avait baisséde nouveau. Des années de sécheresse exceptionnelle arrêtent les progrèsdes eaux, mais après un recul temporaire l’œuvre d’envahissement reprendavec plus de force. Plusieurs îles du littoral ont été recouvertes par leIlot; d’anciennes presqu’îles, maintenant détachées, se changent en îlots,constamment réduits en étendue. La route qui longe le littoral du norddoit être, de génération en génération, reportée plus avant dans l’inté-rieur; la ville d’Ardjich, au bord de la haie nord-orientale, a presqueentièrement disparu, et le bourg d’Adeldjivas, au nord du grand bassin,est menacé par la crue ; de même, sur la rive orientale, la lisière du lacs’avance vers la cité de Van, qui en a déjà remplacé une plus ancienne; levillage d’Iskella est en partie délaissé; les bateliers attachent leurs bar-ques à des troncs d’arbres qui se trouvent maintenant loin du rivage;des puits, envahis par les eaux d’infiltration, ne donnent plus qu’un liquidesaumâtre : peut-être est-ce à des invasions du lac qu'il faut attribuer leslégendes relatives à de grandes cités ensevelies au fond des eaux. Quelleest la cause de cet accroissement, phénomène contraire à celui que l’ouobserve dans presque tous les autres bassins lacustres de l’Asie ? A moinsqu’un remous local des airs n’entraîne dans cette région plus de nuagespluvieux qu’autrefois, il faut admettre l’explication que donnent les rive-rains eux-mêmes : des fissures souterraines d’où s’échappent des sourcesabondantes vers les liants affluents du Tigre , se seraient partiellement obli-térées, et le réservoir, recevant par les neiges et les pluies plus de liquideque n’en prennent l’évaporation et les émissaires souterrains, augmenteen étendue jusqu’à ce que l’équilibre s’établisse ou que le trop-pleins’épanche au sud-ouest dans le torrent de Bitlis . Des bergers nomades,disent les indigènes, auraient roulé une grosse pierre à l’entrée de l’un desentonnoirs de fuite, analogues aux catavothres des lacs de la Grèce , et de-puis ce temps le niveau s’élèverait graduellement, mais sûrement. Il seraitintéressant de contrôler par l’observation directe les assertions des indi-gènes relatives à l’obstruction des gouffres et de constater tout d’abord siles sources signalées comme des effluents souterrains du lac lui ressem-blent en effet par la teneur saline. A l’orient de Van, un autre bassin,l’Ertcbek, accroît son niveau'; cette crue de deux lacs voisins donne quelque
Strocker, Mittheilunyen von Petermann, n° Vit, I8C5.