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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
L’existence même des lacs de Van, d’Ourmiah, du Goktcha de Transcau-casie et des nombreuses cavités lacustres du plateau d’Akhaltzikh, entreKars et Titlis, prouve que le climat des plateaux arméniens a sur celui dela Perse l’avantage d’être beaucoup plus humide. Tout le Lazistan et la ré-gion montagneuse qui avait reçu des anciens le nom de Pont se trouvent eneffet sous l'influence de la mer Aoire au point de vue météorologique. Lesvents d’ouest et du nord-ouest dominent, apportant en abondance lespluies pendant les tempêtes d’été, les neiges durant l’hiver. La précipitationd’Immidité est loin d’y être aussi considérable que sur les pentes méridio-nales du Caucase, dans la Mingrélie et l’Imérie, où la tranche annuelle depluie dépasse k 2 mètres; mais il est dans le Lazistan des vallées favoriséesoù les nuages déversent plus d’un mètre d’eau pluviale : d’après un mis-sionnaire américain, la quantité de neige tombée à llillis, sur le versantméridional des montagnes qui dominent au sud le lac de Van , aurait étéde o mètres et demi pendant l’hiver de 1858 à 1859; c’est une épaisseurde neige qui représente plus de 40 centimètres d’eau. Quoique nulleobservation précise ne permette de l’affirmer encore avec certitude, onpeut évaluer à près d’un demi-mètre la quantité moyenne d’humidité quereçoivent les hautes terres de l’Arménie .
Certaines régions, telles que le plateau d’OIli, auquel des montagnesélevées forment une barrière contre les vents humides, ont rarement lapluie qui serait nécessaire aux cultures ; comme dans les régions de laTranscaucasie du versant caspicn, il faut capter les ruisseaux et les rami-fier en mille fossés dans les terrains de labour. .Mais la plus grande par-tie de l’Arménie méridionale, malgré la barrière des Alpes politiques, estsoumise à l’influence des souffles pluvieux de l’ouest, qui se dirigent dela mer sur le plateau de Sivas , puis vont s’engouffrer dans les valléesoccidentales, ouvertes en forme d’entonnoirs : c’est ainsi que toute la hautevallée du Kara sou, jusqu’au bassin d’Erzeroum , reçoit les vents de la meriNoire. Ils soufflent principalement pendant l’hiver et recouvrent de neigesépaisses l’amphithéâtre des monts autour des sources de l’Euphrate ; enété, les vents du nord et de l’est, dérivation du grand courant polaire qu;traverse le continent d’Asie, apportent un air sec qui dissout les nuages,mais il arrive aussi que de brusques tempêtes, provenant de l’ouest, seterminent par de violentes averses. En outre, les vents du sud-ouest, qu’en-voie la Méditerranée, apportent aussi leur part d’humidité et déchirentleurs nuages aux escarpements; même par le beau temps, un léger brouil-