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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
sans, teignent leurs barbes touffues et leurs chevelures en rouge ou ennoir ; il n’est pas rare d’en rencontrer qui ont naturellement les cheveuxblonds et les yeux bleus : on pourrait les prendre pour des Allemands 1 * 3 4 .Cinq crânes kourdes mesurés par M. Duliousset se distinguent parune remarquable brachycéphalie*, et contrastent d’une manière frap-pante avec ceux des Persans orientaux, des Afghans, des Hindous; cepen-dant la grande diversité que les Kourdes présentent au point de vuephysique ne permet pas de voir dans ces quelques mensurations l’ex-pression d’un fait général. Les missionnaires américains, très nombreuxdans le pays Lourde, en comparent les habitants aux Peaux-Ilouges.
L’ensemble de la physionomie Lourde rappelle, dit M. Duliousset, « celuide l’animal carnassier, » mais il ne manque pas de beauté. Les enfantssont charmants et, dans les pittoresques convois des nomades, nul tableaun’est plus gracieux que celui des petites tètes souriantes que l’on voit sortirdes bissacs attachés en arrière de la selle, sur le liane des chevaux 0 . Losfemmes, qui ne se voilent jamais la face, ont en général les traits d’unerégularité sévère, de grands yeux, un nez aquilin, des formes robustes,une longue chevelure nattée dont le noir foncé s’harmonise avec la nuancelégèrement bistrée de la peau; mais ou regrette qu’en de nombreuses tri-bus elles se défigurent, comme les Hindoues , en se passant un anneau d’ordans la narine. Braves comme les hommes et prenant les armes au besoin,elles aiment aussi les bijoux et les beaux costumes, mais il est rarequ’elles puissent s’en parer : les maris se les réservent. Le lvourde re-cherche les étoffes chères et bariolées, les couleurs éclatantes, les coilfurcsliantes, enroulées de châles splendides : au poids de son costume il ajoutel’arsenal de sa ceinture, pistolets, couteaux et yatagans, le fusil qu’il porteen bandoulière, la longue lance décorée de flèches et de rubans sur laquelleil s’appuie; mais pour les combats il prend soin de s’armer plus à lalégère. Bagdad expédie dans les montagnes kourdes des tiges de bambouspour les lances et des peaux de rhinocéros pour les boucliers*.
Dans son voyage à travers les pays kourdes du plateau, M. Duliousset n’apas remarqué de différence physique entre les chefs et la foule des cultiva-teurs qui labourent les champs kourdes; mais les explorateurs et les mis-sionnaires qui ont séjourné longtemps au milieu des tribus sont unanimesà reconnaître dans la plupart des peuplades kourdes, en Perse et dans la