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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Chine , dont il ne reste plus que le souvenir, et les Nassareni-Moplah de lacôte de Malabar, qui ont encore le syriaque pour langue sacrée et recon-naissent pour chef le patriarche de Babylone, résidant à Mossoul . On ne saità quelle époque ni à quelle occasion les Nazaréens de la Perse et du Ivour-distan turc quittèrent leur patrie syrienne pour s’établir au milieu depopulations différentes par la race, la langue et les mœurs : cet évène-ment est sans aucun doute antérieur à l’hégire. Lorsque les musulmanss’emparèrent de la Mésopotamie , ils ne se donnèrent point la peine d’en-vahir la région montagneuse de Ujoulamerk, entre les deux lacs d'Ourmiah et de Yan, où les Nestoriens avaient leurs forteresses et leurs communautésimportantes. Indépendants de fait, les chrétiens se croyaient inattaqua-bles; mais en 1843 les Lourdes musulmans des alentours, encouragéspar les autorités turques, se ruèrent sur les villages nestoriens : leshommes qui se défendirent furent passés au 111 de l’épée; on emmenales femmes en captivité, et les garçons, circoncis, devinrent par force desmahométans, ennemis futurs de leurs propres familles. Actuellement, laTurquie n’a pas de sujets plus soumis que les chrétiens de Ujoulamerk.Comme les Lourdes des environs, ils se divisent en deux classes, les noblesou assireta, et les paysans, peu différents des esclaves. Toute une hiérar-chie de prêtres les gouverne sous le patriarcat d’un prêtre-roi, désignésous le nom de Mar Chimoun ou « Seigneur Simon ». L’ordre, de succes-sion au pontificat se fait de l’oncle au neveu ; pendant la grossesse, lamère du futur patriarche est astreinte au régime végétarien, qui est celuides prélats; si son espoir est trompé et qu’elle donne naissance à une fille,elle est condamnée à la vie religieuse 1 .
Les Nestoriens se préoccupent peu des subtilités théologiques sur lanature humaine et sur la nature divine de Jésus-Christ, qui eurent pourconséquence le schisme de Nestorius ; mais les différences des cérémoniesont suffi pour créer des haines séculaires entre eux et les autres sectesreligieuses. Les Chaldéens, c’est-à-dire les chrétiens de la Mésopotamie etdu Zagros , qui vivent pour la plupart dans les régions basses, autour deDiarbekir et au nord de Bagdad, se sont rattachés depuis le seizièmesiècle, du moins officiellement, au catholicisme de Borne. Ils ont cepen-dant conservé diverses pratiques de leur ancien culte et leurs prêtres semarient, à l’exception des grands dignitaires; mais un certain nombre demissionnaires catholiques tâchent de rapprocher peu à peu les rites chal-déens de ceux de l’Église d’Occident . Quant aux Nestoriens, restés fidèles
• Eugène Doré, Mémoires d’un voyageur en Orient : — Millingen, ouvrage cité.