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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NESTORIENS, VILLES ET CAMPEMENTS DE L’ARMÉNIE .

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au culte nazaréen de Syrie , ils sont principalement, depuis 1851, sous l’in-fluence de missionnaires protestants américains , qui entretiennent unesoixantaine de stations dans leur pays et contribuent au traitement des prêtresindigènes et à l’entretien des écoles; maintes fois ils protégèrent d’unemanière efficace les montagnards chrétiens contre les Turcs et les Kouriles .

Les villes sont relativement peu nombreuses dans ces pays montueuxd’Arméniens et de Kourdes, si fréquemment désolés par les incursions depillage et les grandes expéditions de guerre. La famine s’ajoute souvent auxmaux qui affligent la contrée. Lorsque le manque de pluies ou toute autrecause a privé les cultivateurs de leur récolte habituelle, il ne leur reste qu’àmanger les herbes des champs, à se pétrir du pain de glands et d’écorces;n’ayant point d’argent, ils ne peuvent acheter de blé dans les provincesvoisines, dont les séparent de rudes sentiers. Les malheureux qui ne meu-rent pas de faim vont mendier chez les tribus voisines; le voyageur traversealors des villages complètement abandonnés et des villes où les décombresoccupent plus d’espace que les maisons. Une moitié de la population mèneune existence semi-nomade, entre les pâturages d’hiver et les pâturagesd’été, et les pauvres constructions qu’élèvent ces pâtres sont de celles quele temps a bientôt confondues avec le sol environnant. La tente, habita-tion d’été du pasteur Lourde, se présente sous un aspect autrement im-posant que l’humble cabane d’hiver : le cône de feutre noir, contrastantavec l’étendue verte des prairies, s’élève à 5 ou 0 mètres de hauteur etse rattache par de longs cordages en crin au cercle des pieux enfoncés dansle sol. Du côté où la vue s’étend le plus loin sur l’horizon montagneux,les bords de la tente sont relevés à double hauteur d’homme par des po-teaux inclinés dont les pointes festonnent le feutre en courbes régulières,et par cette large ouverture on voit, occupés à leurs travaux, les person-nages de l’intérieur, tantôt à demi voilés par l’ombre, tantôt se détachanten lumière sur le fond noir. Les logis d’hiver, aussi bien ceux des Armé-niens que ceux des Kourdes, sont pour la plupart des huttes à demi sou-terraines, dont les toits, recouverts de terre, se distinguent à peine du solcontigu; les mêmes herbes croissent sur la maison et sur les terrainsenvironnants, au printemps et en été les mêmes fleurs s’y épanouissent.Si l’on ne voyait les pyramides de fumier desséché qui s’élèvent à côté dechaque demeure, on passerait sur un village sans remarquer son exis-tence. Quelques chefs puissants parmi les Kourdes possèdent de grandesmaisons en pierre ayant même des cheminées de marbre, mais toujours