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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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TRÉBIZON’DE. KERASOUN, BAÏBOURT.

contre les sauterelles que sa puissance éclate; de la Paphlagonie à laCappadore, elle est connue sous le nom de la « Panagia des Sauterelles »'.D’immenses domaines, sur les rives méridionales de la mer Noire , entreTréhizonde et Constantinople , appartiennent au monastère.

A l’ouest de l’antique cité grecque, d’autres noms rappellent quel’inlluence hellénique fut jadis prépondérante sur le littoral du Pont.Tircholi ou Taraboulous est une des nombreuses Tripoli ou « Trois Cités »dont les murailles donnaient asile aux habitants d'une triple origine.Elle a sur Tréhizonde l’avantage d’être située à la bouche d’une rivièreassez abondante, le lvharcbout, mais cette rivière s’engage en des clusestrop étroites pour qu’une route puisse en suivre le cours, et le chemin quipénètre dans l'intérieur par Gumich-khanch est encore plus montueux etplus difficile que celui de Tréhizonde. Plus loin, sur la côte, se montre lepetit port de Kiresoun, autre colonie grecque, l’ancienne Kerasos, auxmurs cyclopéens, d’où Lucullus apporta jadis à Rome les premiers plantsde cerisiers : l’ancienne dénomination de l’arbre, kemz en arménien ,prouve que la ville lui doit son nom*. Lors du voyage de Tourncfort, Kire-soun était entourée de forêts de cerisiers; néanmoins ce sont principale-ment des noisettes que l’on exporte de la contrée. En 1881, les habitantsen ont vendu 5500 tonnes, pour un million et demi de francs; le tiers desachats est fait par des négociants russes, qui chargent les noisettes surdes bâtiments à voiles.

Entre Tréhizonde et Erzeroum , le principal lieu d’étape est Baïbourl,située dans le bassin du Tchoroukh, sur sa haute branche orientale,au pied de la montée du Kop-dagh. Ce n’est qu’un amas de masures etJe ruines, pareil à toutes les autres villes des montagnes de l’Annénicturque, à l’exception d’Erzerouin ; un important château fort de constructionseldjoucide domine la bourgade, moins lier toutefois que l’une des forte-resses voisines, le Ghenis-kaleh ou « Château-Génois », élevé jadis parles commerçants italiens sur la route de la Médie 1 2 3 . Les mines d’argent desenvirons de Baïfcourt ne sont pas plus exploitées que celles de Gumieh-klianeh ou « Maison (l’Argent », située plus à l’ouest, dans le hautbassin du Kharehout, sur une colline abrupte qu’entoure un cirque degranit. Encore au milieu du siècle, ces gisements argentifères étaientles plus productifs de l’empire ottoman ; ils ont été en partie submergés 4 .

1 Fallmerayer, Fragmente ans dem Orient.

2 Kiepert; — Cari Rittcr, Asien , vol. XVIII.

5 M. Wagner, ouvrage cité.

4 Hoinmairc de llell, Voyage en Turquie et en Perse.