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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Gumich-khaneh était l’école minière par excellence et les ingénieurs deConstantinople venaient y étudier leur profession. A une vingtaine de kilo-mètres au sud-est de Baibourt, des mines de cuivre, dont le puits princi-pal descendait à plus de 400 mètres, occupaient environ 500 mineurs 1 .Toute la vallée de Tchoroukh est parsemée de ruines : châteaux, églises etcités. L’ancienne Ispir n’est qu'un amas de décombres; il n’y a point devilles dans la partie de la vallée laissée aux Turcs par les Russes , qui sesont emparés de la partie inférieure du bassin, où se trouve la populeuseagglomération d’Artvin . Toute cette contrée pourrait être transformée enun immense jardin, comme les' campagnes de la vallée latérale du Tor-toum ; le bourg de même nom alimente Erzeroum de fruits et de légumes*.C’est dans le voisinage que s’élèvent, sur un plateau entouré de montagnes,l’église et le monastère d’Evck Yank, le plus remarquable monument del’art géorgien. En amont de son continent avec le Tchoroukh, la vallée deTortoum est barrée par un éboulis qui a fait refluer les eaux du torrent etformé un lac de 105 « coudées » de profondeur.
Erzeroum a conservé une partie de son ancienne importance commedernière citadelle de la Turquie contre les envahisseurs russes et commepoint de convergence des caravanes dans les montagnes de l’Arménie : làse rencontrent les chemins de Trébizonde et de Batoum, ceux de Sivas etde Diarhekir, de Bagdad, de Téhéran et de Tillis.Le principal commerce detransit, celui de la mer Noire à la Perse, a diminué depuis l’ouverturedes chemins de fer de la Transcaucasie , et lors des deux invasions russes,en 18'29 et en 1877, les ouvriers arméniens les plus habiles et les plusindustrieux, notamment les travailleurs en métaux, ont abandonné la villepour suivre les conquérants. Privée en grande partie de son commerceet de son travail, menacée en outre de nouvelles agressions et de change-ments politiques prochains, Erzeroum est une des villes de l’Asie turquequi ont le plus souffert et où les ruines occupent le plus d’espace. Leséjour en est redouté par les étrangers à cause des rigueurs de l’hiver, ettous ceux qui le peuvent s’empressent de la quitter pour une résidenceplus agréable. Située à 1960 mètres d’altitude, dans une plaine sans om-brages et coupée de marais, elle a pendant plus d’une moitié de l’annéescs rues obstruées de neige; le vent l’amasse en tourbillons autour desdemeures, et pour maintenir les communications de porte à porte, il fautse servir de la pelle pendant des semaines entières; les malheureux qui
1 Hainiltnn, Researches in Asia Minor .
5 Devrolle, Voyage dans le Lazistan el l’Arménie , Tour du Monde, 1" soin. 1870.