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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
celui qui décora les monuments et le palais de Bayazid ne s’est pas laisséentraîner à recouvrir d’ornements toutes les parois. La mosquée est dégra-dée en caserne; les édifices voisins secoués par les tremblements de terrese sont lézardés, une partie de la ville s’est écroulée, mais le gracieuxminaret a gardé son équilibre 1 * . On envoyait jadis les fiévreux d’Erivan seguérir à l’air salubre de Bayazid ! .
Au sud et au sud-ouest du bassin, jadis lacustre, dans lequel s’unissentle Mourad-tcbaï et le Cbarian-tchaï, venu des plateaux de I’asin, entrellassan-kaleb et Topra-kaleb, le cours du haut Euphrate oriental n’a pasencore été exploré dans son entier, quoique de nombreux voyageurs l’aienttraversé : nulle grande route de caravanes ne se dirige dans le sens de cettehaute vallée fluviale, et les tribus kourdes, plus sauvages, y sont aussi plusredoutées qu’ailleurs; de grands vides se montrent encore sur les cartesdétaillées de la région. D’ailleurs, bourgs et villages sont rares dans cettecontrée monlueuse, où la population a beaucoup diminué depuis quetant d’Arménicns se sont volontairement exilés de leur patrie. Mclezgherdou Manazgherd, qui se trouve au bord d’uue « rivière Saline » (Touzla sou),tributaire méridional de l'Euphrate , fournit de sel une grande, partie del’Armenistan. Moucli, la capitale du pachalik qu’arrose le Mourad, n’estpas située sur le fleuve, mais dans une vaste plaine latérale, à l’issued’une gorge de rochers rouges, que dominent des montagnes nues, blan-ches de neige pendant six mois. A une altitude moindre de 500 mètres quecelle d’Erzeroum , Moucli jouit d’un climat moins rude, des arbres frui-tiers croissent dans les jardins; des vignes même gravissent les talus quis’appuient aux rochers. La citadelle ruinée fut autrefois la résidence de cesMamigoniens, que gouvernaient des princes venus du Djenasdan, c’est-à-dire de la Chine , dans les premiers siècles de l’ère vulgaire 3 . Deux illustresArméniens sont nés dans le district de Mouch : Mezrop, l’inventeur d’unalphabet haïkane, et l’historien Moïse de lvhorène.
Après avoir reçu l’affluent de la plaine de Mouch, un Kara sou quis'épanche silencieusement d’un cratère « insondable » ouvert au milieude la plaine, le Mourad s’engage dans un défilé où il tombe en cascade :le fracas de l’eau brisée retentissant sur les rocs a fait donner au villagele plus rapproché de la chute le nom de Gourgour ou Kourkour. Le fleuve,quoique déjà fort abondant, n’est point navigable : en se heurtant contreles rochers, il tournoie en de longs remous, puis descend en rapides à tra-