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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
deux Euphrate par Moltke et ^rülilhach n’ont pas réussi; le courant dufleuve, qui se trouve encore à 868 mètres d’altitude devant Palou, esttrop incliné pour qu’une barque puisse s’y aventurer sans danger; les pé-cheurs ne se servent que de kellek, minces planches de lattes réunies pardes cordes et soutenues par des outres en peau de mouton : six de cesflolteurs portent quatre hommes au-dessus des remous et des rapides. Ledernier pont du fleuve en amont de llilleh est celui de Palou; au-dessus,sur la terrasse méridionale, se montrent les maisons, dominées par unpittoresque château, que la légende dit avoir été bâti par les génies, et prèsduquel se voient sur un rocher des inscriptions cunéiformes. La villeest environnée de vignobles, qui donnent le meilleur vin de l’Arménie ;au sud-est, se trouvent les forges importantes de Sivan-madcn, établies aumilieu d’un pays si riche en fer, qu’il n’est pas même nécessaire d’y creu-ser des mines : collines et vallées sont parsemées de blocs d’un minerainoir, qui suffiraient pendant des siècles au travail de l’usine 1 . Près deSivan-madcn, le seuil de partage entre Tigre et Mourad est à un kilo-mètre à peine de ce dernier fleuve, profondément encaissé dans sa clusede rochers. Le principal affluent du nord est le Mezour sou, que domine,près de la jonction, le massif igné de Takhtik. Le misérable hameau deMazgherd, où Taylor reconnaît le nom iranien de Ilormuz-gherd ou « Citéd’Ormuzd », groupe ses cabanes dans un bassin de cendres, au pied d’uneplateforme de basalte où s’élevait jadis un autel du Feu, visible à une dis-tance énorme. Les débris des constructions sacrées sont baisés avec dévo-tion par les Kizîl-bach et les Arméniens des alentours*.
En aval du confluent des deux Euphrate , Mourad et lvara sou, le fleuvegarde encore pour les indigènes le nom de Mourad, qui lui vient, dit-on,des nombreux châteaux forts que fit élever le sultan Mourad I er sur lescollines de scs bords; l’appellation de Frat, qui est celle du Kara sou, n’estdonnée communément aux eaux réunies qu’à leur entrée dans la plaine.Nulle grande ville ne s’élève à la jonction : Kyeban-maden, qui setrouve à une faible distance en aval, sur la rive gauche, ne doit évidem-ment son origine qu’aux mines de plomb argentifère, récemment aban-données, qui se trouvent dans les montagnes des alentours, car elleest bâtie au milieu des rochers, dans un cirque sans arbres, même sansbroussailles, n’offrant aucun avantage naturel. Les falaises qui resserrentle fleuve de distance en distance empêchent aussi la construction des che-