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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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KYEBAN-MADEN, ARABKIR, KIIARPOUT.

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mins, et c’est plus haut, sur les plateaux et dans les vallées latérales, quepassent les caravanes et que s’élèvent les agglomérations urbaines avecmosquées et forteresses. Dans l’espace triangulaire limité par les deux Eu-phrate , la ville principale est l’antique Ilierapolis, Tchemech-gadzak ou« Patrie de Tzimiscès », qu’entourent de trois côtés des roches gréyeuscspercées de grottes, qui servaient autrefois d’habitations. Sur les plateauxde l’ouest, la grande ville d’Arabkir, ou « Conquête Arabe », qui, dans lalangue des compatriotes de Mahomet, est celui de toute la péninsule d’Ana-tolie 1 , occupe, à 5 kilomètres au sud d’une « ancienne cité » ou Eski chehr,le fond d’une dépression environnée d’escarpements d’un basalte noir;mais l’industrie des habitants a changé le gouffre sombre en jardin; lesmurs formidables de l’enceinte de laves n’apparaissent qu’à travers la ver-dure des grands arbres. Aon moins actifs que les jardiniers d’Arabkir, sestisseurs importent même du fd d’Angleterre pour leurs métiers de coton-nades. La région péninsulaire limitée au nord par le Mourad, à l’ouest cl ausud par le grand coude que forme l’Euphrate à sa sortie des montagnes tau-riques, est commandée par la ville forte de Kharpout (Karberd), dont lacolline escarpée se dresse au-dessus d’une plaine fertile et cultivée avecsoin, qui produit tous les fruits de la zone tempérée. Au milieu de cetteriche campagne est la ville de Mezcreh, appelée aussi «Nouvelle Kharpout».Le « collège d’Arménie », fondé à Kharpout par des missionnaires améri-cains, est le principal établissement d’instruction publique dans les contréesde l’Arménie et du Kourdislan. Des bandes d'émigrants descendent chaqueannée des hautes terres d’Arabkir et de Kharpout pour chercher fortune àConstantinople, Diarbekir, Damas, Alep et les villes de la côte; presquedans chaque maison d’Alep on trouve des serviteurs venus d’Arabkir.

Dans la partie sud-orientale des plateaux de l’Arménie , la plus grandecité a donné son nom au lac de Van. Elle est située à 5 kilomètres environde la rive, dans une plaine unie, entourée au nord, à l’est et au sud d’es-carpements calcaires sans végétation. Une roche isolée, aride comme unescorie, coupée de failles dans toute sa hauteur, percée de trous et decavernes, élève au-dessus des maisons à terrasses ses parois blancheset rouges qui brillent au soleil d’une lumière aveuglante. La cité propre-ment dite est limitée sur les trois côtés de la plaine par de larges fosséset par une double enceinte de murs crénelés, llanqués de tours. Maisla ville extérieure, celle des Baghlar ou « Jardins », est beaucoup plus con-sidérable et s’étend à plusieurs kilomètres : c’est la région fertile qui a

1 Taylor, Journal of the Gcoyraphical Society, 1868; — L. Metclmikov, .Votes manuscrites