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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

beaucoup plus anciennes échappèrent longtemps aux tentatives d’explication.Grâce aux patients efforts de M. Guyard et du professeur Sayce, on enpossède maintenant toute une série de lectures; ces textes en arméniaqueou vieil arménien ne sont plus un mystère et peu à peu se dévoilerontles évènements racontés par les archives de marbre. Dans les environsde Van, d’autres rochers portent aussi des inscriptions, dont plusieursattendent leurs interprètes. Dans une des salles intérieures du rocher deVan suinte une fontaine de bitume 1 . Au sud-est de Van, une autre forte-resse assyrienne , Topra-kaleh, fière construction de blocs basaltiques poséesur un rocher calcaire, a été récemment explorée par MM. Chantre etBarry.

Du haut des fortifications, qui forment trois principaux groupes de mu-railles et de tours, on contemple le vaste amphithéâtre des montagnes etla nappe bleue du lac, dans laquelle se reflète le cône blanc du Seïban-dagh.Au delà, la bourgade d’Akblat occupe le rivage d’une baie, à l’endroit où laroute de Moucb et de l’Euphrate s’élève vers le seuil occupé par les eauxdu Nazik. Ce n’est plus que le faible reste d’une cité jadis populeuse, dontles ruines sont éparses au milieu des jardins et qu’entourent des nécro-poles creusées dans les roches gréyeuses des alentours. A l’orient de Van.le bourg d’Ertchek, autour duquel des corbeaux vénérés volent par my-riades*, domine la rive méridionale du lac d’Ertchek ou Ertech, et pardelà se profile la rangée de montagnes qui sert de frontière entre les deuxempires et que traverse le « col du Coupe-Gorge », bien connu desKourdes pillards; sur le versant iranien se trouve le poste militaire de Ko-tour, appartenant jadis à la Turquie et réuni à la Perse par le traité deBerlin , avec un territoire d’un millier de kilomètres carrés. La dernièrevallée turque, qui commence sur le revers méridional des montagnes deBayazid, est l'admirable plaine d’Abaga, dont les campagnes verdoyantescontrastent avec les escarpements des monts neigeux.

Au sud-ouest de Van se montre l’île montueuse d’Aktamar , jadispéninsule, que la crue graduelle a séparée de la terre ferme et qui en estéloignée maintenant de 4 kilomètres. Là résidèrent longtemps des roisarméniens, auxquels est due l’église du dixième siècle, qui s’élève aumilieu de l’île : c’est la plus belle, la plus riche de l’Arménie turque ; sespatriarches prétendirent rivaliser en dignité avec ceux d’Etchmiadzin . Ausud de Van, dans une vallée tributaire du lac, est un autre monastère fa-

1 Loftus, Turko-persian fronticr.

- Ernest Chantre , Mission scientifique dans l’Asie occidentale.