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est mêlée à des fragments de poteries et de briques. Les tell ou buttes dedécombres s’élèvent par centaines et par milliers au-dessus de la plaine;quelques restes de tours, d’informes murailles rappellent les cités où sepressaient jadis les multitudes et dont le nom même est ignoré de nosjours. Comme les nations voisines, celles des Deux-Fleuves ont déchu parl’effet de la translation qui porta graduellement le centre de la civilisationd’Asie aux bords de la Méditerranée et. de la Méditerranée vers l’Europeoccidentale; mais, composées d’agriculteurs et de commerçants, éparsdans une plaine ouverte de tous les côtés aux incursions, elles purentmoins bien se défendre contre les attaques des bordes barbares, qui, sui-vant les traces des civilisés, marchaient aussi d’orient en occident. Lesvilles furent rasées, les habitants exterminés, et maintenant on ne compteplus guère que cinq millions d’individus dans cette région, vaste commela France , et d’une fertilité bien autrement grande dans les campagnes oùpeuvent se ramifier les canaux d’irrigation ; plus de la moitié des habi-tants de la Mésopotamie , et précisément ceux des plaines inférieures, quipourraient fournir les récoltes les plus abondantes, sont des nomades, cam-pés sur les confins du désert et toujours prêts à lever leur tente 1 .
Les limites naturelles de la Mésopotamie sont les montagnes qui formentà l’est et au nord les premiers degrés des chaînes bordières de la Perse etdes plateaux du Kourdistan; au nord-ouest, ce sont les massifs et leschaînes tauriques, dont l'orientation générale est celle du nord-est au sud-ouesL et qui vont se terminer en promontoires au bord de la Méditerranée.Mais dans l’intérieur du vaste croissant que décrivent ces plissements dusol autour de la Mésopotamie , et même dans l’ile immense que circon-scrivent les courants des deux fleuves, se dressent plusieurs rangées dehauteurs indépendantes ou du moins séparées des avant-monts du Tauruset du Kourdistan par des brèches profondes.
Le Ivaradja-dagh, au sud de l’isthme étroit de rochers qui s’élève entreles sources du Tigre occidental et le brusque méandre de l’Euphrate à