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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Telek, aligne ses crêtes dans la direction du nord au sud, et forme,pour ainsi dire, la flèche de l’arc immense dessiné par les montagnesbordières du plateau d’Arménie ; un col, haut d’environ 800 mètres, lesépare du Mehrab-dagh, contrefort avancé du Taurus, qui occupe l’angleextrême de la région interfluviale. Le Karadja-dagh est un puissant massifde basalte noir, dont les croupes, élevées d’environ 1900 mètres 1 , versèrentjadis de leurs crevasses de grandes coulées de lave : les torrents qui des-cendent du Karadja ont creusé leurs lits dans ces roches ignées qui sedressent en falaises verticales. Ainsi le Karadja-tchaï, qui s’écoule despentes nord-orientales vers le Tigre, en aval de Diarbekir , passe dansune cluse profonde, taillée en pleine lave, et rejoint, à une petite distancedu fleuve, un autre torrent, le Koutchouk tchaï 8 , dont la |rive droite estdominée par un mur perpendiculaire de basalte, haut de 70 mètres 3 . Laville de Diarbekir est bâtie à l’extrémité d’une de ces coulées, qui s’épan-chèrent avant la période géologique actuelle, car elles sont revêtues d’unelégère couche de terres argileuses.
A l’ouest, les montagnes basaltiques de Karadja s’appuient sur des con-treforts dont les chaînons peu élevés se ramifient vers l’Euphrate ; quel-ques-uns atteignent 800 mètres, dépassant ainsi de quatre ou cinq centsmètres le niveau des plaines inférieures; ces hauteurs, — tel le Nimrond-dagli ou monts Nemrod, à l’ouest. d’Ourfa , — ne doivent leur aspectimposant qu’à leurs escarpements de rochers. Mais dans une grande partiedu parcours, vers l’ouest, ces hautes terres prennent le caractère de pla-teaux : à l’occident des monts Nemrod, le Kara seka est un causse, ana-logue à ceux de la France méridionale, quoique de formation moinsrégulière. Cette table calcaire, haute de 720 mètres en moyenne, est inter-rompue de distance en distance par des crevasses qui aboutissent à descavités circulaires, gouffres d’effondrement dans lesquels s’amasse unpeu d’eau pendant la saison pluvieuse.
A l’est, le Karadja-dagh est séparé des montagnes de Mardin par unelarge brèche, d’environ 800 mètres d’altitude, offrant un chemin facile auxvoyageurs qui se rendent de Diarbekir aux steppes que contourne la rivièreKhabour . Des deux côtés du col, le contraste géologique est complet : àl’ouest se dressent les falaises basaltiques, à l’est s’étendent les assises de
* Cameron, Our Highway lhe India.
- Il nous paraît logique d’écrire Koutchouk tchaï, <( Petit ruisseau », sans trait d’union, etKaradja-tchaï, « ruisseau de Karadja », avec un trait d'union. Le premier nom géographique est unsubstantif qualifié, le deuxième un mot composé.
3 Cernik und Schweiger-Lerchenfeld, Erganzungsheft zu Pelermanns Mittheilungen, 44, 45.