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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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HAUT TIGRK ET SES AFFLUENTS.

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liquide que son courant inférieur porte à la nier, tourne au sud-est pours’engager dans une série de cluses ouvertes à travers d’âpres montagnes.Sur un espace d’environ 75 kilomètres, les sentiers abandonnent les riveset gravissent, soit à l’ouest, soit à l’est, les escarpements qui resserrent lecourant : çà et là, du haut des promontoires, on aperçoit les eaux glissantà la base de parois calcaires ou de colonnades basaltiques. En aval de cettepremière percée, où n’osèrent pénétrer les Dix Mille de Xénophon , s’ouvreune large plaine, et le ileuve serpente à son gré dans les terres alluviales:mais bientôt après le courant traverse d’autres remparts, et là encore sesbords sont impraticables. Les falaises et leséboulis de calcaires, d’argiles,de conglomérats sont baignés parle flot; les sentiers, évitant le fleuve parde grands détours, s’éloignent même de la partie inférieure des affluents,qui coulent tous à 15 mètres de profondeur entre deux murs d’argile 1 .

Dans la série de défilés qui commence au confluent du Botan-sou et quise termine en amont de Mossoul , le fleuve garde la direction normale qu’ilsuit jusqu’à l'Euphrate , parallèlement aux chaînes bordières du plateaud’Iran . Dans cette partie de son cours, comme dans la région des sources,le Tigre ne reçoit de grands affluents que sur la rive gauche : le versantde la rive droite n’est qu’une mince lisière de terrain et c’est du côté del’Euphrate que coulent presque toutes les eaux du faîte de partage; lesnuages pluvieux qui viennent de la Méditerranée et de la mer des Indes sedéchirent aux versants méridionaux des hauteurs du Kourdistan, et tandisque les pluies tombées sur les avant-monts, immédiatement au nord du dé-sert, s’écoulent vers l’Euphrate , l’humidité que les vents du sud apportentsur les hautes montagnes de Van et de la Perse occidentale revient en tor-rents vers le Tigre. Parmi ces cours d’eau, il en est qui ont un bassin con-sidérable : tel est le Grand Zab ou Zarb (Zarb el Kcbir), dont les rivièressupérieures égouttent la région comprise entre les deux lacs de Van etd’Ourmiali. Le Petit Zab (Zarb Saghir) roule aussi beaucoup d’eau, dontune partie lui vient du territoire persan. De même, la Diyalah, qui rejointle Tigre en aval de Bagdad, reçoit de la Perse un grand nombre de ruis-seaux, nés dans les dépressions parallèles des chaînes bordières. Les affluents,comme le Tigre lui-même, ont à traverser des remparts de montagnesparallèles avant d’échapper à leurs anciennes cavités lacustres pour entrerdans la plaine de la Mésopotamie . Le Grand Zab, issu des hautes vallées dupays Lourde, vient se heurter, à l’est de Mossoul , contre des massifs de con-glomérat, qu’il perce d’un large lit ayant en certains endroits un kilo—

* Ùernik und Schweiger-Lerchenfeld, mémoire cité.