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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE

ninsulaire que limite l’Euphrate en décrivant une longue série de méan-dres au nord, puis à l’ouest et au sud des hautes plaines de Kharpout ;né à quelques kilomètres seulement d’un angle brusque de l’Euphrate ,le Didjlé commence par chercher sa voie pour sortir du cercle immenseque le lleuve rival trace autour de lui. I n « petit lac » d’eau saumâtre,le Gôldjuk, Goldjik ou Golendjik, occupe, à une petite distance au nordet à "200 mètres plus haut, une cavité du plateau dont le rehord circu-laire envoie des ruisseaux au Tigre aussi bien qu’à l’Euphrate *. Récemment,à la suite d’années pluvieuses, le lac, élevant peu à peu son niveau commela mer de Van, a fini par atteindre une brèche de rochers à son extré-mité sud-orientale et par épancher son trop-plein dans le Tigre : on a mêmeentrepris le creusement d’une tranchée pour régulariser l’écoulement dulac et en faire une source constante du fleuve 5 . Ainsi se rapprochent lesdeux bassins fluviaux, au point de s’entremêler en apparence, comme pourdonner raison aux descriptions des anciens auteurs. D’après une légendelocale, la source du Tigre aurait été visitée par Alexandre ; on la désignecomme le « Fleuve aux Deux Cornes », d’après le surnom que valut auMacédonien sa divinisation par les peuples de l’Orient.

Arrivé dans la plaine de Diarbekir, le « Fleuve » grossit rapidement parles affluents que lui envoient les montagnes du nord. Le Batman-sou, l’undes plus abondants, est un autre Tigre par la violence de ses eaux, et sonbassin, comme celui du Didjlé, commence dans le voisinage même du hautEuphrate , sur le revers méridional des montagnes de Moucli. Puis viennentl’Arzen-sou et un autre Chat, le Botan-sou, dans lequel se jette la rivièrede Bitlis , née dans le massif de faible élévation qui limite au sud-ouest leréservoir du lac de Van; ce beau torrent de Bitlis est probablement le coursd’eau qui a donné lieu aux fables, répétées par Strabon et Pline, sur lepassage du Tigre à travers un lac qui ne renfermerait qu’une seule espècede poisson; on voyait dans les eaux du Bitlis l’écoulement souterrain dulac de Van, mais le courant de Bitlis prend son origine à un niveau plusélevé que le lac et son eau n’est pas saline et chargée de soude comme celledu réservoir fermé : c’est par la composition de l’eau que l’on pourra re-connaître s’il existe vraiment parmi les affluents du haut Tigre un ruis-seau issu du lac d’Arménie par des galeries souterraines.

En aval de la jonction des deux Chat, Didjlé ou Tigre occidental,Botan ou Tigre oriental, le fleuve, qui déjà roule la moitié de la masse

1 Mühlbach; — Cari Ritter, Asien , vol. X; — Ilaussknecht, Roulen im Orient.

2 Fanshawe To'it, Turkish Armenia and Eastern Asia Minor