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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
droite, où l’action érosive des eaux se fait le plus sentir; quelques chaînesde collines viennent se terminer en promontoires au-dessus du courantet même rétrécir le lit. C’est ainsi qu’en aval de Deïr, le Djebel Abyadou « Mont Blanc » force l’Euphrate à se reployer vers l’ouest jusqu’à lacluse par laquelle le fleuve va rejoindre le Khabour . En aval d’Anali et jus-qu’à Hit, les rochers calcaires qui bordent la rive sont tellement rappro-chés, qu’il ne reste pas même assez d’espace pour les maisons et les cul-tures; quelques villages se composent de grottes naturelles et artificiellescreusées dans les parois : d’en bas on ne distingue les demeures des Arabeset les antres voisins où se réfugient les pigeons sauvages, que par lesnuées de volatiles tourbillonnant dans l’air. Des villages, tels que Iladidha(Iladisah), El-Ouz, Djebah, sont construits dans les îles rocheuses aumilieu du flot qui se heurte bruyamment contre les écueils. Pareils àîles forteresses, ils s’élèvent au-dessus du niveau d’inondation, qui dépasseîl’environ 7 mètres la hauteur des eaux d’hiver; les maisons extérieuresressemblent à des murs de citadelle et n’ont pas une seule ouverturepar laquelle l’eau pourrait s’introduire; lors des inondations, le villageest ainsi transformé en une sorte de puits circulaire en contrebas du flot'.
Navigable pendant une partie de l’année, du moins pour les bateaux àvapeur d’un faible tirant, l’Euphrate n’a plus, en aval de Biredjik , qu’unetrès faible pente moyenne jusqu’à la mer : en tenant compte de toutesles courbes, l’inclinaison de la nappe d’écoulement dépasse à peine un dé-cimètre par kilomètre; aussi l’eau descend-elle avec lenteur, surtout pen-dant la saison des maigres, à la fin de l’automne et au commencementde l’hiver. Lorsque la profondeur est seulement d’un mètre et demi dansla partie la plus creuse du lit, les chameaux peuvent se hasarder à traversersur les fonds résistants; même devant. Iladidha, les villageois passent àgué. Dans tout son cours de plaine en aval de Biredjik , le fleuve de l’AsieAntérieure diminue probablement en volume comme le Nil . Il est vraique des affluents lui viennent de droite et de gauche; il reçoit le Sadjourdes montagnes tauriques, le Nahr-Belik des hauteurs d’Ourfa, le Khabour qui vient des montagnes de Tour-Abdin; mais, à l’exception de ce dernier,les torrents qui se jettent dans l’Euphrate moyen n’ont un débit considé-rable que pendant la saison des pluies; les autres tributaires ne sont quedes ouadi, à sec pendant presque toute l’année; les riverains s’empressentde conduire l’eau dans leurs champs, dès qu’elle fait son apparition surles fonds de sable ou d’argile. Plusieurs de ces torrents temporaires s’éva-
1 Cernik, Schweiger-Lerchenfeld, mémoire cité,.