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ment est connu sous le nom de Geïk-tach ou « Saut du Cerf ». Un des der-niers rapides, Gerger (Gourgour, Kharkar), bien nommé « Mugissement »,est aussi redouté des radeleurs. Cependant on s’est hasardé plus d’une foissur les cataractes. En 1858 et en 1859, l’officier de Moltke , chargé par legouvernement turc d’étudier les moyens de transport pour les approvi-sionnements militaires, descendit le défilé sur un kellek : la première fois,il accomplit le trajet sans accident; mais dans le deuxième voyage, tentédans la saison des crues, il ne put se sauver qu’à grand peine de l’un desremous de Telek; les outres furent brisées ou détachées du radeau parla force du courant, et plus d’une fois les vagues l’entraînèrent sous l’eau'.
Échappé aux gorges du Taurus arménien, l’Euphrate contourne à l’est,puis au sud, cette chaîne de montagnes, qui lui envoie de nombreux tor-rents; en amont du petit village de Ivanlara, se voient encore quelquesrapides. Le fleuve n’est pas encore entré dans la plaine; des falaises et descollines calcaires ou crayeuses d’une centaine de mètres ou même plusélevées, interrompues au confluent des rivières, dominent la vallée, prin-cipalement sur la rive droite, mais, du haut des escarpements, on aperçoitau sud, par-dessus les coteaux, les étendues régulières de la Mésopotamie et les longues serpentines du fleuve avec ses îlots et ses bancs de sable.Dans cette partie de son cours, l’Euphrate se dirige vers la Méditerranée, etvers sa courbe extrême, entre Roum-kalah et Bircdjik, il n’en est plus qu’à155 kilomètres. A ce méandre, si important au point de vue historique,viennent aboutir les voies naturelles entre la mer et le fleuve. Le nommême de Roum-kalah ou « Château des Romains » indique l’importanceque Romains ou Byzantins attachaient à cette partie du fleuve, le seugmades anciens ou la « jonction », le « lieu de passage » par excellence 2 . Enamont, des ponts furent jetés sur l’Euphrate à diverses époques et Lynch viten 1850 quelques débris dans lesquels il crut reconnaître les restes de l’unede ces constructions; plus bas, à Bir ou Bircdjik, principal lieu de transitdes caravanes, on a vu jusqu’à cinq mille chameaux attendre les bateaux depassage 3 . Jusqu’à Balis, à 150 kilomètres en aval, l’Euphrate maintient soncours à peu près parallèle à la Méditerranée et c’est là seulement qu’il sereplie au sud-est pour traverser obliquement le territoire jusqu’au golfePcrsique.
A droite et à gauche de la vallée, le sol des plaines est assez uni ; cepen-dant de hautes berges accompagnent le fleuve, principalement sur la rive
* Von Moltke , Briefe über Zustancle uiul Begebenlieilen in der Türkei.
2 Cari Riltcr, Ms/en, vol. X.
5 Chesney, Reports on the navigation of the Enphrates, 1855.
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