BÉDOUINS, KOl'RDES, NESTORIENS, JACOBITES.
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de moutons et de buffles; les cavaliers habitués à manier la lance ne peu-vent se résigner à quitter le désert. Certaines tribus se sont accommodéesà vivre au milieu des marais, sous des huttes de roseaux : telles sont lesKhozail et les Madan, que jamais conquérant n’essaya de poursuivre dansleurs fondrières 1 : il leur suffit de rompre les digues pour se trouver àl’abri. JJ’autres clans d'Arabes, les Zobéir par exemple, se composent uni-quement de bateliers. I,a Mésopotamie n’a pas de plus beaux hommes que,ces vigoureux matelots : aucun de leurs jeunes gens ne peut songer à semarier s’il n’a remonté au moins trois fois le Tigre du Cliat-el-Arab àBagdad.
Tes Kourdes des avant-monts appartiennent probablement, comme ceuxde la Perse et de l’Arménie , à des races différentes, mais ils se ressemblentpar les mœurs et le genre de vie. En majorité ils sont maliomélans,mais les Nestoriens sont aussi représentés par des groupes considérables,surtout dans la vallée du Grand Zab, autour de Djoulamerk; les Chaldéensont à Mossoul et dans le district des alentours des communautés plus richesque celles du plateau d’Ourmiah ; les Souriyani ou chrétiens jacobilesvivent au nombre d’environ 50 000 dans les montagnes de Tour Abdin ,autour de Midiat et du couvent de Der Amer; les ruines de soixante-dixvastes monastères 2 témoignent de l’importance qu’eut autrefois la secte.Les Chemsieh, Yezidi ou «Adorateurs du Diable » ont aussi dans la hauteMésopotamie leurs retraites du Sindjar, où ils jouirent longtemps d’uneindépendance presque complète. Des sectes spéciales, restes de gnostiquespourchassés, se sont également réfugiées dans les massifs isolés de laMésopotamie : on parle d’une communauté des montagnes de Mardin , quel’on croit descendre des adorateurs du soleil, chassés de IJarran, la villed’Abraliam. Menacés de mort par le calife Al-Mamoun parce qu’ils n’avaientpas « de Livre » comme les Juifs et les chrétiens, ils furent obligés de seconvertir officiellement à l’une des religions tolérées; la plupart se ratta-chèrent en apparence à la secte des chrétiens jacobiles, habitant avec euxune soixantaine de villages dans les montagnes de Mardin et de Toi'. Avec cetart de simulation que pratiquent si bien les Orientaux, ils accomplissentrégulièrement les cérémonies prescrites par le patriarche; mais en secretils invoquent encore le soleil, la lune, toute l’armée des étoiles et règlentleur vie d’après les conjonctions des planètes et les conjurations magiques 0 .