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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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!S 0 U V ELLE GEOGRAPHIE IN I VERSELI.E.

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Sur le bas Euphrate et dans la vallée du Karoun, vivent d’autres gnos-liques chrétiens, que, l’on eroit aussi avoir conservé quelques pratiquesdu culte des astres : ce sont les Ilaranites ou Sahiens (et non Sahéens).ainsi nommés d’un de leurs prophètes; eux-mêmes s’a ^ " Mandayéon « Disciples de la Parole », et généralement les missionnaires catho-liques les désignent comme « chrétiens de saint Jean-Baptiste», d’aprèsle Baptiscur du Jourdain, que les sectaires disent avoir fondé leur reli-gion. Les Sahiens paraissent avoir été fort nombreux autrefois. D’aprèsla carte de Thévenol 1 , trente-six groupes de Mandayé auraient habité le dis-trict de Bassora , quelques-uns composés de deux mille familles; en 1875.on ne comptait plus qu’un millier de Sahiens sur les bords du Tigre, ethuit mille environ dans toute la région mésopotamienne ; sur l’Euphrate ,leur chef-lieu est le village de Souk-ech-Chiok, dans le pays des Montefik 2 .Avant le milieu du siècle, la peste avait fait périr tous les prêtres mandayédes environs de Bassora ; ceux qui leur avaient succédé pratiquaient seu-lement les rites extérieurs, parmi lesquels le plus important est le fré-tillent baptême des fidèles, condition première du pardon des péchés 5 . Iln’est pas permis aux Sahiens de vivre loin d’un fleuve ou « Jourdain » :c’est dans l’eau courante qu’ils célèbrent la plupart de leurs cérémonies etjusqu’à leurs mariages*. Ils adorent la croix, parce que le monde, divisé enquatre parties, forme lui-même la croix par excellence, heur religion,sœur ennemie du judaïsme, du christianisme, du mahométisme, repose surl’idée gnostique des deux principes, prêchée jadis par leurs théologienset leurs philosophes, car les Sahiens curent aussi une période d’activité lit-téraire. Comme les chrétiens, les juifs et les musulmans, ils sont les« hommes d’un Livre »; ils possèdent un « Trésor » nommé aussi « Livred’Adam », — quoique postérieur à Mahomet 5 , —et rédigé en une languesémitique distincte, comme il convient à l’idiome d’une religion particu-lière. Toutefois cette langue n’existe que dans les recueils sacrés; lesfidèles parlent l’arabe comme tous les habitants de la contrée; la poly-gamie ne leur est pas défendue, mais ils ne peuvent se marier que dansle sein de leur communauté. Dans la vie civile, ils ne se distinguent desmahométans que par leur plus grande honnêteté : il ne saurait en êtreautrement, puisqu’ils ont à conquérir le respect pour avoir la tolérance.

' Recueil de divers voyages curieux, Parii, 1865.

- Anne ISluut, ouvrage cité.

- 11. lVtennann, Reken in den Orient; — Euting, Auslaml, 1876; — Siouffi, Études sur la,religion des Soubbas ou Sabéens.

4 Damien de Saint-Josepli, Annales de la Propagation de la Foi, 1875.

5 Cari Hitler, Asien , vol. XI.