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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Chaldéens, ÎNestoriens et Jacobites, Yezides et Juifs, Syriens et Grecs for-ment la population, à laquelle se sont ajoutés récemment un grand nombrede Bulgares exilés d’Europe par le gouvernement turc 1 . Près de la moitiédes habitants se compose de chrétiens, et les mosquées ne sont guère plusnombreuses que les églises; l’une d’elles s’élève sur l’emplacement d’unédifice romain, du troisième ou quatrième siècle, dont il reste une façade,offrant au rez-de-chaussée des arcades légèrement ogivales et à l’étage su-périeur d’élégantes colonnes, différant toutes par les arabesques du fût etles sculptures des chapiteaux.
Les hautes vallées du Tigre et de ses affluents sont riches en ruines etles bourgades modernes sont elles-mêmes bâties sur l'emplacement decités antiques. Le débris le plus grandiose des constructions anciennes estle reste d'un pont dont les arcades rompues surplombent le Tigre à 25 mè-tres de hauteur, non loin du confluent de ce fleuve avec le Batman-sou ;d’énormes blocs de grès épars dans la cluse voisine ont été creusés pourservir de demeures; l’éboulis est devenu un village, possédant même unbazar 5 . Maya-farkeïn ou Farkeïn, située au nord-est de Diarbekir , sur lesdébris d’une moraine 3 , que contourne un tributaire du Batman-sou rami-fié dans les jardins, est le Martyropolis des Byzantins, et l’on y voit en-core les ruines imposantes du monument expiatoire, bâti au commence-ment du cinquième siècle sur les ossements de plusieurs milliers dechrétiens massacrés par Sapor . Plus à l’est, sur le Batman-sou, un pontpersan développe son ogive à 50 mètres au-dessus du torrent. La pittoresqueIfouzou (Khouzou, Kbazou), aux maisons étagées, dresse son fort modernesur les ruines d’un château, et dans un ravin des environs se voit uneéglise arménienne qui daterait du cinquième, siècle : chaque année despèlerins viennent de Syrie, d’Arménie, de Russie y faire leurs dévotionsdevant un gros fragment de la « vraie croix ». Sert ou Saërt, sur le Botan-sou, est aussi construite sur des ruines, que. d’Anville et autres historiensgéographes croyaient être celles de Tigranocertes ; des inscriptions cunéi-formes, en langue arméniaque, se voient en différents endroits du pays,gravées sur les parois polies des rocs. De petites tours élevées dans la cam-pagne, au milieu des melonnières et des champs de concombres, donnentà Sert l’aspect d’une place de guerre entourée de fortins. Après Diarbekir ,la plus grande ville du haut Tigre est la charmante Bitlis , située à 1500mètres d’altitude environ, non loin de l’angle sud-occidental du lac de Van .