BITL1S. DJ EZIREh.
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Des coulées de lave rouge et brune, descendues du Nimroud-dagh, se ter-minent en promontoires abrupts et coupés de crevasses, au fond desquellesroulent bruyamment les eaux torrentueuses, en partie minérales et ther-males, qui forment le Bitlis -sou. Un vieux château domine le confluent ;des arches ogivales unissent les deux berges, et les tours rondes de largesminarets élèvent leurs galeries circulaires au-dessus des maisons à ter-rasses, des jardins et des bouquets d’arbres 1 . Bitlis , dont la populationest en partie arménienne, fabrique et teint des étoffes, et comme principallieu d'étape, entre la vallée du Tigre et celle du haut Mourad, elle entretientun mouvement considérable d’échanges.
La ville fort ancienne de Üjczireh-ibn-Omer ou « Ile du fils d’Omar »,située en aval de la percée du Tigre , dans une île formée par le fleuve etpar un canal artificiel, fut souvent, en dépit de son nom, le centre decommunautés non musulmanes. Au quatorzième siècle, il s’y trouvaitune grande colonie de Juifs et de ses écoles sortirent quelques rabbinsdevenus fameux. Au commencement du siècle, les Yezides en avaient faitune de leurs places fortes, mais ils ne purent la défendre contre lesTurcs et presque tous furent passés au fil de l’épée. Des Kourdes musul-mans les ont remplacés, mais sans rendre à la ville son ancienne impor-tance. La forteresse dont les indigènes attribuent la construction auxGénois, comme on le fait pour presque tous les vieux châteaux de l’AsieMineure*, n’est plus qu’une ruine, d’ailleurs très pittoresque avec sescordons réguliers de basalte brun et de calcaire blanc; le pont, jeté sur leTigre à l’est de Djezireh, n’a laissé qu’une pile, autour de laquelle l’eauforme un dangereux rapide 5 . Plus bas. sur une terrasse crétacée qui do-mine la rive droite du Tigre , une autre cité, encore plus tombée que Dje-zireh , n’a plus même de nom qui lui appartienne en propre : c’est EskiMossoul on la « Vieille Mossoul ». Les serpents rampent par milliers dansles herbes et les murs lézardés. Dans la région montagneuse qui entoureDjezireh, croît en abondance un arbrisseau qui ressemble au cytise etque recouvrent parfois des milliers de cocons soyeux : les femmes du paysles utilisent pour en lisser de très durables étoffes 1 .
Mossoul est une ville relativement moderne, puisqu’on la mentionnepour la première fois sous la domination mahomélane, mais ne s’élève-t-elle pas sur l’emplacement que devait occuper jadis le faubourg occi-