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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

sandjak; dans les années de grand commerce, jusqu’à cent mille chameauxchargés passent sur le «pont d’Or ». A peu de distance au sud-est d’Allîn-kiôpru commence la valide du Khaza-tchaï, où se trouve une autre ville,la plus considérable de tout le bas pays kourde. Traversée par les cara-vanes qui longent la base des grandes montagnes, à l’est du Tigre , Ker-kouk se compose en réalité de trois villes distinctes : la forteresse, bâtiesur un monticule artificiel haut de 40 mètres, maçonnée sur tout le pour-tour et recouvrant un labyrinthe de galeries; la cité basse, s’arrondissanten demi-cercle autour du tertre de la citadelle; le faubourg ou mahnleh,dont les maisons sont éparses au milieu des jardins de la rive droite. Uncheikh derviche, chef spirituel de cinquante mille murides ou disciplesrésidant en diverses contrées de la Mésopotamie , habite Kcrkouk 1 2 . L’impor-tance de cette ville ne provient pas uniquement des roules commerçantes quis’y croisent : elle possède des thermes fréquentés et des sources salinesabondantes; les albâtres des montagnes voisines sont exploités en car-rières, et dans le voisinage, au nord, se trouvent, comme en Italie , de cé-lèbres « champs phlégréens » où Ton adorait la déesse Analiit: les rumeursdu sol ont fait donner à cette région brûlante le nom de Baba Gourgour ou« Père du Murmure » ; en enfonçant une épée dans le sol, on en fait jaillirla flamme°. Le naphtc de kerkouk, que Ton recueille en de nombreusessources, sur les mares et jusque dans les fossés, est expédié à Bagdad etdans toute la Mésopotamie orientale. On utilise également les sources bitu-mineuses de Touz-lvhourmatli, jaillissant plus au sud sur un affluent laté-ral de l’Adhim, et celles de lvifri ou Salahieh, bourg d’un vallon tributairede la Diyalah, près duquel se voient les restes d’une cité abandonnée.

En aval des ruines de Calacli et de la jonction des deux fleuves rivaux,Tigre et Grand Zab, les ruines se succèdent le long du fleuve, désignées deloin par les tell ou buttes de décombres revêtues d’herbes cl de brous-sailles. Un de ces amas de débris, sur la rive droite, au-dessus de labouche du Petit Zab, est la butte la plus haute de la Mésopotamie enamont de Bagdad. Un village, Kaleh-Charghat, s’élève dans le voisinage;c’est le reste de l’antique cité d’Assour, qui précéda Ninive et donna son nomà l’empire des Assyriens. Loin du fleuve, en pleine solitude des steppes mé-sopotamiennes, les bergers Chammar campent dans les ruines d’une villequi fut aussi capitale et dont le nom même, El Iladhr ou Hatra, paraît avoireu le sens de « Résidence ou « Cité » par excellence. Au bord du Tartar,

1 Khourehid-Efïendi, Description de la frontière turco-persane, traduit en russe par Gamazov,

2 Grattan Geary, Through Asiatic Turkey.