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dans une cité commercante que gène un mur d’enceinte; elle a plus d’unmillier de maisons, contenant chacune deux ou trois familles, même da-vantage; aux mois d’été, toute la population, hommes, femmes, enfants,chiens et volailles, se presse sur les toits, garnis de branchages 1 . Les mar-chands de Mossoul visitent Revandoz pour y échanger des objets manufac-turés d’Europe contre des noix de galle. Le tabac de Revandoz, presque tou-jours réduit en poudre, est expédié surtout aux Persans.
Le marché principal des Kourdes qui vivent dans les bassins des deuxZah est la ville d’Arhil ou Erbil , l’Arbclles des Grecs, située à 450 mètresd’altitude, en dehors de la région des montagnes, dans une plaine gracieu-sement ondulée qui ouvre à l’ouest vers le Grand Zah et le Tigre , au sudvers la vallée du Petit Zah; elle est placée exactement à la limite du terri-toire de langue arabe, sur la frontière ethnologique des Kourdes. Si im-portante que soit encore Arbil parmi les villes secondaires de la Mésopo-tamie , elle n’est évidemment qu’une ruine, comparée à ce qu’elle futautrefois; on reconnaît les restes de l’ancien fossé de circonvallation danslequel les maisons actuelles sont pour ainsi dire perdues. Le quartierantique est bâti sur une de ces huttes artificielles comme on en voit un si* grand nombre dans la contrée ; des commencements de fouilles ont suffipour révéler des voûtes et des galeries, qui sont probablement d’origineassyrienne ; à l’ouest, les massifs de conglomérat du Dehir-dagh sontcoupés d’anciens canaux d’irrigation qui descendaient vers la plaine du Che-mamlîk, entre Erbil et le Grand Zab. A l’endroit ou cette rivière échappeà sa dernière cluse, entre le Dehir-dagh et l’Arka-dagh, fut livrée, à Gau-gamela, la bataille dite d’Arbelles, qui ouvrit aux Macédoniens le cheminde la Perse*. Près de là, Akra se cache dans une forêt d’arbres fruitiers.
Une seule petite ville se trouve dans le bassin du Petit Zah, Altîn-Kiôpru ou le « Pont d’Or » : c’est le passage obligé des caravanes qui dela plaine d’Arhil se dirigent vers la vallée de l’Adhim ou celle de la Diyalah.Altîn-kiôpru, une des villes les plus pittoresques de l’Asie Antérieure,est bâtie dans une île de conglomérat, coupée en falaises verticales ducôté d’amont et s’abaissant graduellement vers l’aval pour se termineren pointe sablonneuse. Le pont de la rive méridionale, jeté de falaise àfalaise, développe son arcade ogivale à une grande hauteur et de ses para-pets on regarde sur les terrasses de la ville et sur l’eau rapide où s’en-fuient les radeaux lancés au-dessus des cluses par les Kourdes de Khoï-
* Ainsworth, Journal of the Geographical Sociely, 1841.2 Rich; Ainsworth; Cernik.