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cinquantaine de kilomètres de Bagdad, est dans le vaste jardin sans lacunequi s’étend le long de la Diyalah, des bords du Tigre à la base des escar-pements du Hamrin. Aon loin se voient les ruines de Dastagberd, autreEski Bagdad, qui n’ont pas encore été explorées. Mendeli, située sur unaffluent du Tigre , est comme Khanakin, un lieu de passage des pèlerinschiites, et Tune des portes commerciales de l’empire du côté de l’Iran .Après la cueillette des dattes, son industrie principale est l’exploitation dessources de naphle, dont les produits sont expédiés à Bagdad pour l’éclairagede la cité. Mendeli a aussi de très abondantes sources de gaz, qui empoi-sonnent l’atmosphère. Les Arabes prennent soin de camper à distance etau vent de ces dangereuses fumerolles 1 .
Do nombreux tell ou buttes de débris dominent la plaine aux environs deBagdad. Un de ces monticules, Tell Mohammed, s’élève aux portes mêmesde la cité, vers le sud-ouest; un autre, à 50 kilomètres à l’ouest, porte lenom de Kasr-A'imroud ou « Palais de Aimrod » ; on l’appelle aussi Aker-kouf : c’est l’un des plus élevés de l’ancienne Cbaldée; il a plus de 40 mè-tres en hauteur et ressemble à un groupe de piliers énormes excavés à labase; comme les autres tell de la plaine, il se compose de briques cuites ausoleil alternant avec des couches de roseaux. D’autres tertres en amont deBagdad longent à distance la rive gauche du fleuve, comme une succès-sion de postes militaires; enfin, au sud du confluent de la Diyalah, desamas de briques et de poteries indiquent les emplacements de capitalesantérieures, les Madaïn ou les « Deux Villes » qui se font face sur les deuxbords du Tigre . Séleucie, Incité de la rive droite, ainsi nommée en l’hon-neur du souverain qui la construisit après la chute de Babylonc, n’a plus unseul monument ; c’est à peine si l’on peut reconnaître les traces de l’en-ceinte carrée. Une partie de la ville occidentale, capitale syrienne, a étédétruite par les érosions du fleuve, tandis que des plages nouvelles sesont ajoutées sur la rive gauche à la péninsule qui portait Ctésiphon ,capitale des Parlhes. De la cité même il ne reste que des briques etdes tessons, mais le palais de Chosroès Nourchivan, bâti au milieu dusixième siècle de l’ère vulgaire, arrondit encore au-dessus de la plaineson prodigieux portail de 52 mètres de hauteur. Le Tak-i-Kesra ou TakKosrou, c’est-à-dire la « A’oùte de Chosroès », donne entrée dans une nefde 50 mètres en profondeur, placée au centre d’un édifice à plusieursétages, distribué en appartements de petites dimensions. Les ornements, lessculptures ont disparu, mais la majestueuse arcade, seul monument pré-
* Moissner, Petermann’s Jlittheilungen, IX, 1874.