BAGDAD, GIIADIM, SOULEIMANIEII.
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Les Turcs sont restés des étrangers à Bagdad ; leur nation n’est guèrereprésentée en Mésopotamie que par des fonctionnaires et des soldats. Laville est arabe par le patriotisme local aussi bien que par le dialecte et lesmœurs. Les Juifs forment au moins le quart de la population urbaine,assez nombreux pour avoir conservé Tusage de leur langue, qu’ils parlentaussi bien que l’arabe. La plupart des Iraniens , parmi lesquels les Dabisont nombreux*, vivent en dehors de Bagdad, à Gliadim, Kbatimaïm ouImam-Mouça, située à 5 kilomètres au nord-ouest du pont supérieur duTigre , au milieu d’un cercle de jardins bordant un méandre du fleuve.Gliadim, habitée par une population plus aisée que celle de Bagdad, estaussi mieux tenue, plus élégante, et ses beaux quartiers se composent devillas aux colonnades enguirlandées de fleurs. Au-dessus de la ville, s’ar-rondit la coupole dorée et se dressent les six minarets de la mosquée quirecouvre le tombeau d’un martyr chiite, l’imam Mousa-Ibn-Djaffar ; Bagdadn’a pas de monuments comparables à ce sanctuaire des chiites persans.Les pèlerins zélés se rendent au sépulcre vénéré en marchant sur lesgenoux, tandis que les négociants qui retournent du comptoir à leur villafont commodément le voyage dans les voitures d’un chemin de fer améri-eain. En face de Gliadim, sur la rive gauche, s’élève une autre ville depèlerinage, Madhim, celle-ci visitée par les sunnites.
La petite voie ferrée de Gliadim est l’humble commencement du réseauqui aura Bagdad pour centre; mais jusqu’à ce jour le gouvernement turcs’est refusé à concéder les lignes de rails qui rattacheraient cette ville auxsanctuaires de A'edjcf et de lverbela, ainsi que la voie, non moins utile autrafic, qui se dirigerait au nord-est vers Khanakin ou Khanîkin, sur la fron-tière persane; de quarante à cinquante mille pèlerins persans, se dirigeantvers Kerbela , y passent chaque année. De toutes les vallées tributaires duTigre , celle de la Diyalah est de beaucoup la plus riche et la plus popu-leuse; c’est également celle qui, au point de vue stratégique, a le plus devaleur pour la Turquie , car elle pénètre au loin dans la région des mon-tagnes bordières de l’Iran . Soulcïmanich, ville moderne, bâtie seulementen 1788, dans le cœur des monts, au pied du sommet neigeux de l’Avro-man, surveille la frontière et sert de marché aux tribus Lourdes des alen-tours : on ne peut y atteindre qu’en traversant de hautes crêtes ou en s’en-gageant en d’effroyables gorges. Quelques gros villages se succèdent dansla vallée de la Diyalah; les plus populeux sont ceux qui se trouvent déjàdans la plaine, à la sorlic des cluses du Hamrin. Bakouba, située à une
1 II. Petermann, Reisen in Orient.