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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

pierres dans la basse Clialdée, et c’est de pays très éloignés, peut-être del’Égypte , qu’on importait les roches dures, pour les statues et les inscrip-tions. Les monuments de Tello ont été transportés au Louvre.

L’Euphrate , moins abondant que le Tigre, moins rapproché des valléesfertiles de la montagne, et limité sur sa rive droite par les sables ou lesargiles du désert, a beaucoup moins de villes et de bourgades sur sesbords, entre la région des passages et la Babylonic proprement dite : quoi-que son cours forme la grande diagonale de l’Asie Antérieure entre legolfe d’Alexandrettc et le golfe Pcrsique, l’Euphrate est un fleuve mort,comparé au courant d’eau de la Mésopotamie orientale. Jadis il n’en fut pasainsi. Dans l’histoire des nations un contraste géographique remarquables’établit entre les deux artères fluviales. De l’issue des gorges jusqu’à laSusianc, les grandes cités bordaient le Tigre, le fleuve de l’Assyrie ; maisdans la basse Mésopotamie , à partir de la muraille Médique, presque toutesles villes se succédaient sur les bords ou dans le voisinage de l’Euphrate 1 :le contraste des deux empires, Assyrie et Babylonic, correspond à celui desdeux courants.

En aval du confluent des deux Euphrate et jusqu’à l’issue des cluses duTaurus, seulement de pauvres bourgades se sont bâties sur les'bords dufleuve; mais dans le bassin latéral du Tokma-sou s’élèvent deux chefs-lieux,Malalia et Azbouzou, entre lesquels voyageait naguère, de six mois en sixmois, presque toute la population urbaine. Malalia, la Mélitène des Do-mains, était la ville d’hiver ; mais, entourée de canaux d’irrigation et dechamps inondés, elle devient insalubre dès les premières chaleurs ; leshabitants l’abandonnent pour Azbouzou, la ville d’été, placée au sud dansune vallée plus haute*. Mais ces continuels va-et-vient ont en grande partiecessé; la population s’est principalement fixée dans la ville méridionale,charmant séjour, où chaque maison a sa fontaine, son jardin, son bosquet.Les deux villes de la haute vallée de Tokma, Gouroun et Dcrendah, sont,comme Malatia , presque désertes pendant l’été; toute la population se portevers les bastides des environs. Les émigrants de Gouroun, que l’on rencontredans toutes les parties de l’empire, se distinguent par leur esprit d’initiative.

L’ancienne capitale de la Gommagène, Samosatc, la patrie de Lucien,jadis si importante comme lieu de passage et comme forteresse des légions

1 Menant, Dahjlone et Clialdée; — Hommel, Yorsemitische Kullurcn.

- Von Moltke, Das nbrdliche Yorland Klein-Asiens : — Cari Ritter, Asien .