NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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cercle le corps péninsulaire de l’Asie Mineure, et qui forme cette régionsi favorable à la culture et au commerce que Le jean appelait le « fer àcheval anatolien », est une dépendance naturelle des plateaux de l’inté-rieur. il est vrai que, des hautes terres du centre et même des vallées tri-butaires de la mer Egée aux plages du pourtour, les relations sont enmaints endroits rendues diftieiles par des massifs montagneux ne laissantaux populations du littoral qu’une zone étroite de terrain; on ne remontede la région des cotes aux plateaux du centre que par les âpres rochers desboijhaz; les campagnes riveraines et les steppes de l’intérieur sont desterres différentes, ayant leur population et leur histoire distinctesMêmeen certains endroits les bassins du pourtour étaient divisés en bassins necommuniquant qu’avec peine l’un avec l’autre : c’est ainsi que les Hellènesde la côte ont pu longtemps maintenir leur autonomie et leur civilisationoriginale à côté de puissants royaumes asiatiques, dont ils étaient à peineséparés par quelques lieues de rochers 8 ; mais il n’en est pas moins cer-tain, d’une manière générale, que des communications suivies, un échangecontinu de marchandises, d’hommes et d’idées devaient s’établir entre lesrégions du littoral et celles de l’intérieur. Là est l’originalité de l’œuvreaccomplie dans l’histoire du monde par les habitants de la Péninsule ana-tolienne. On peut dire que cette contrée se compose de deux pavs s’emboî-tant l’un dans l’autre : c’est une terre d’Asie enchâssée dans un littorald’Europe .
Comme région de passage pour les peuples de l’Orient, l’Asie Mineureforme le prolongement naturel des plateaux de l'Arménie et du « détroitmédique »; mais à cette extrémité de l’Asie un temps d’arrèt devait avoirlieu pour les tribus en marche. Seulement au nord-ouest, là où la mer, auBosphore et à l’IIellespont, se rétrécit aux dimensions d’un ileuve, les mi-grations pouvaient s’accomplir sans difficulté d’un continent à l’autre; par-tout ailleurs, les relations entre l’Europe et l’Asie , rendues difficiles par devastes espaces maritimes, se faisaient, non par le déplacement des popula-tions elles-mêmes, mais par l’entremise du commerce et des expéditions deguerre. Du reste, les différences du sol et du climat, entre les plateauxde l’intérieur et le pourtour déchiqueté des terres basses avaient pour con-séquence le contraste des habitants : la zone de transition entre l’Asie etl’Europe , entre Ioniens d’une part, Lydiens et Phrygiens de l’autre, setrouvait dans la Péninsule elle-même ; c’est dans l’Asie Mineure que s’o-
1 Ernst Curlius, Die lonier vor fier ionischen Wanderumj.- G. AYcber, Le Sipylos et ses monuments.