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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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COTES DE L’ASIE MINEURE.

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côte se développe en longues ondulations semi-circulaires, scandées surleur pourtour par d’autres flexions régulières du rivage. Vers les angles dunord-ouest et du sud-ouest de l’Anatolie , les indentations profondes de lacôte remplacent les courbes à grand rayon; le littoral se ramifie en articu-lations, projetant elles-mêmes de petites péninsules dans la mer parseméed’iles et d’ilots ; toute la côte occidentale est découpée en presqu'îles mou-tueuses qui se succèdent régulièrement de golfe en golfe, rythmant leurmouvement comme des vers à cadence harmonieuse. En ne tenant compteque des inflexions principales, le développement total de la côte ionienneentre les Dardanelles et le détroit de Rhodes est au moins quadruple de ladistance directe; il est décuple, avec le littoral de toutes les îles habitées:les points du rivage où la mer a fait surgir les marchés et les villes se sontaccrus dans une proportion considérable; partout s’ouvrent des haies et desports : en se complétant par toutes ces articulations, la rôle est devenuevivante.

La partie occidentale de l’Asie Mineure est un exemple frappant de ce(pic les divisions conventionnelles ont d'arbitraire. En effet, les îles, lespéninsules, les vallées fluviales de l’Anatolie jusqu’aux montagnes et auxplateaux de l’intérieur n’ont nullement le caractère asiatique : elles appar-tiennent géographiquement aussi bien qu’historiquement à l'Europe . Desdeux côtés le. climat se ressemble, les rivages ont même aspect et mêmeformation; des populations de même race se sont établies en face les unesdes autres: un même mouvement historique les a entraînées vers de sem-blables destinées. Au lieu de séparer l’IIellade et l’Anatolie, la mer Égée lesa réunies au contraire par des échanges incessants de denrées et de voya-geurs; comme au temps d’Hérodote, Athènes et Smyrne , qui se regardentpar-dessus les flots, sont restées villes grecques, en dépit des conquêtes etdes invasions barbares dont les migrations se firent d’abord d’orient enoccident, pour refluer ensuite d’occident en orient'.

Mais les deux Grèees de l’Europe et de l’Asie offrent un remarquablecontraste. Si l'Ionie asiatique n’est pas moins richement découpée que laGrèce d’Europe , la différence de sa position relativement aux terres avoi-sinantes lui donne un autre rôle historique. Tandis que le Péloponèse est,— ainsi (pie le dit son nom, — plutôt une île qu’une péninsule, et quela Grèce continentale est elle-même un pays presque exclusivement mari-time, séparé des régions septentrionales par de hautes montagnes ne livrantpassage que par d’étroits défilés, le littoral articulé qui borde en demi-

1 Ernst Curiius, Geschkhte von Griechenland .