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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

la Grèce ; l’impression d’ensemble serait tout autre pour des popula-tions asiatiques. Les découvertes des archéologues prouvent que la Grèce d’Asie ne fut pas inférieure à la Grèce d’Europc pour les œuvres de l’artet qu’elle la précéda. « La civilisation ionienne a été le printemps de lacivilisation grecque, c’est elle qui a donné les primeurs, l’épopée et lapoésie lyrique 1 . « L’Asie Mineure est la patrie d’Homère , celle de Tlialès,d’Jléraclile, de Pylhagore et d’Hérodote . Seulement, tandis que dans laGrèce européenne toute la lumière semble se concentrer dans Athènes ,elle se disperse en de nombreux foyers sur les cotes de l’Asie Mineure :Pergame, Smyrne, Ephèse, Milet , llalicarnasse.

Certes, la différence est grande cidre ce qui fut l’Ionie et ce qui est denos jours le territoire turc de l'Anadoli! La décadence est tellement évi-dente, que le nom seul de l’Asie Mineure évoque l’image de son glorieuxpassé et non celui de la triste époque contemporaine. La langue se refusepresque à nommer les provinces et les villes par leurs désignations actuelles;on les revoit telles qu’elles existaient il y a deux mille années. Cependantil 11e serait pas juste de répéter les accusations ordinaires contre les Osinanli,comme s’ils étaient les seuls coupables dans le contraste que présentela contrée, comparée à ce qu’elle fut jadis. Ainsi que le fait remarquerTchihalcheff, n’cst-ce pas à l’état de ruine que les conquérants ont trouvécet héritage? One de massacres et de ravages se sont succédé dans cescontrées depuis les expéditions des Romains jusqu’aux croisades et auxincursions des Mongols! Et parmi les changements qui se sont accomplis,n’en est-il pas qui doivent être attribués à la nature ou aux conséquencesd’une mauvaise gestion du sol? Actuellement l’Asie Mineure est, parmi lescontrées qui pourraient être en grande partie couvertes de bois, une decelles qui ont été le plus dépouillées. Nombre de documents anciens parlentde forêts existant en des régions de l'Anatolie où l’on ne voit maintenantque la terre nue ou de misérables broussailles. Le déboisement a certai-nement accru les écarts entre le froid de l’hiver et la chaleur de l’été; ilagit aussi sur le régime des eaux courantes, en prolongeant les sécheresseset en rendant les crues plus soudaines; moins réglées dans leur cours, leseaux ont formé de vastes marécages qui ont empoisonné l’atmosphère etrendu de vastes étendues presque complètement inhabitables; dans cer-taines plaines basses, les villages qui s’élèvent sur l’emplacement d’anti-ques cités populeuses sont abandonnés en été sous peine de mort; dansquelques-uns des districts les plus dangereux l’action pestilentielle se fait

’ G. Perrot. JSotes manuscrites