TAUHUS K T AMI-TA URIS.
475
pour sc terminer au promontoire abrupte de Kara larh ou de la « PierreNoire ».
I.e Taurus cilicien proprement dit commence par le superbe massif'del’Ala dagli ou « mont bigarré », dont une cime, l’Apieh Kardagh, dépasse5*00 mètres; mais ces montagnes dégagent leurs cimes d’un ’ ’ ■
d’autres cbaînes transversales ou parallèles, qu’il laul se trouver à unegrande distance ou gravir i e contrel'ort pour voir dans son ensemblela haute rangée des blancs sommets. Pourtant celle masse puissante, quil’orme au sud-est le rempart extérieur du plateau de l’Asie Mineure, ne con-stitue point un faîte de partage pour l'écoulement des eaux. Deux rivières,qui naissent sur les hautes terres de l’intérieur, traversent l’Ala dagli depart en part pour aller rejoindre le Seïhoun, formé lui-même de tous lescours d’eau issus des vallées parallèles de l’Anli-Taurus. Les deux clusesdans lesquelles s’engagent les rivières (mklu-sou et Tchekid-sou sont abso-lument inaccessibles, et do l’un à l’autre versant il faut escalader la chaînepar de périlleux sentiers; une des liantes brèches est désignée en d’an-ciens itinéraires par le nom de karghah-Kermez, « Infranchissable auxCorbeaux »'. I.e seul chemin par lequel les chariots de l’artillerie puissentpénétrer de la zone du littoral dans l’intérieur de l’Anatolie remonte larivière du (lydnus au nord de Tarse, puis entre dans une gorge latérale,celle du (ïulek-hoghaz, pour contourner les escarpements qui dominent àl’ouest la cluse du Tchekid-sou.
(le passage des « Pyles » ou Portes (liliciennes, dont l’altitude est de!•()(» mètres \ fut toujours de la plus haute importance stratégique, carc’est là ipie vient aboutir la ligne diagonale de l’Asie Mineure entre lelîosphore et le golfe d’Alexandrelle; là doivent passer les armées qui sedirigent de Constantinople vers le littoral syrien ou vers la grande courbede l'Euphrate à son entrée dans la Mésopotamie . Nulle voie n’est plusfameuse dans les fastes militaires (pie cet étroit défilé où convergent lesroules de la Péninsule. Avant Xerxès et Alexandre, la gorge avait été fran-chie par maint conquérant, et après eux passèrent de nombreux envahis-seurs. Eu 185(5, Ibrahim-pacha, le vainqueur de Nizih, avait puissammentfortifié le (Ïulek-hoghaz pour barrer la roule aux armées turques; enoutre, tous les sentiers qui traversent la crête étaient rendus imprati-cables par des travaux d’art; tout le Taurus cilicien était transformé enimprenable citadelle. On voit encore quelques restes des redoutes égyp-