NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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tiennes, ainsi que des châteaux forts, construits par les Génois et lesArméniens ; ces ouvrages se succèdent à mi-pente au-dessus de la zone dulittoral et correspondaient jadis par des signaux télégraphiques; quelquestraces de constructions se voient aussi dans le défilé. Au-dessus du cheminqui pénètre dans le Gulek-hoghaz, on distingue parfaitement les restes d’uneancienne roule taillée dans le roc par les Assyriens ou les Perses; dansla partie la plus étroite de la gorge se voient les débris d’un autel et dedeux tables votives, dont les inscriptions sont effacées, ainsi que les mar-ches d’escaliers au-dessus desquelles étaient les portes qui se fermaient entemps de guerre. De nos jours, les « Pyles Ciliciennes » n’ont d’importanceque pour le commerce, malgré les douanes intérieures qui prélèvent undroit sur chaque charge de chameau. Toutes les gorges qui traversent lachaîne du Taurus présentent un phénomène météorologique analogue àcelui qu’on observe dans la cluse du Sefid rond, entre le plateau persanet les plaines basses du littoral caspien : un vent furieux s’y engage, souf-flant alternativement d’amont en aval et d’aval en amont, suivant les oscil-lations diurnes de la température 1 .
Toute la partie occidentale du Taurus cilicien, limitée à l’est par la gorgedu Tchekid-sou, est connue spécialement sous le nom de Boulgar-dagh :c’est la chaîne que les voyageurs longeant la côte contemplent à l’horizondu nord et qu’on leur désigne comme le « Taurus » par excellence. C’esten effet une des plus hautes chaînes de l’Asie Mineure, l’une de celles quipar le profil hardi de leur crête en dents de scie et par la richesse de leurvégétation rappellent le mieux les montagnes de l’Europe occidentale. LeBoulgar-dagh ressemble aux Pyrénées , si ce n’est que ses pics suprêmessont un peu plus élevés et qu’ils s’alignent parallèlement à une côte ma-rine où les villes blanches se montrent sous les touffes de palmes. Laplus haute pointe du Boulgar-dagh, qui s’élève à 5500 mètres, — centmètres de plus que le massif pyrénéen de la Maladetta, — est désignée dansle pays par le nom de Metdesis. L’ingénieur Busseggcr, qui gravit le premiercette montagne, en 1856, l’avait appelée Allah-Tepessi ou « montagne deDieu », en souvenir du « panorama de beauté divine » qu’il avait con-templé. De cet observatoire, coupé à pic du côté du nord par un effroyableprécipice, on voit tous les grands pics de la chaîne dont on occupe lepoint culminant. Au nord-est, l’horizon est limité par un chaos de mon-tagnes de toutes les formes et de toutes les couleurs, les unes en terrasses,les autres en pyramides ou en aiguilles, jaunes ou rouges, noires ou
' Th. Kotschy, Rcise in dem cilicischen Taurus.