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arêtes, les forteresses qui se dressent au bord des précipices ont l’air d’ap-partenir à l’architecture de la montagne. Différent de presque toutes lesautres chaînes de l’Ionie asiatique, dont la direction normale est celle del’est à l’ouest, l’Alaman-dagh aligne ses pics dans la direction du nord ausud, de même que la chaîne, plus occidentale, qui traverse la presqu’îlesmyrniote pour aboutir aux sommets jumeaux des Deux Frères, dont lespentes boisées dominent l’entrée de la rade. Plus loin, une autre chaîne,supérieure en altitude, suit la même direction du sud au nord, du capKaraka au Mimas ou promontoire de Ivara bouroun ; la longue rangée demonts se dresse comme un rempart dans la péninsule érythréenne entravers du golfe de Smyrnc. L’île la plus rapprochée du littoral, Chio,est orientée de la même manière et se distingue ainsi des autres îles del’archipel asiatique par l’alignement dans le sens du méridien ; peut-êtreest-ce à la neige ( klnon ), brillant sur ses montagnes pendant quelques joursou quelques semaines d’hiver, que l’île devrait son nom'; la plus hautecime, le Saint-Elie, qui s’élève au nord de l’île, atteint 1:267 mètres.
Des formations de Chio appartiennent à diverses époques géologiques etla terre est en travail pour en produire de nouvelles. Les roches d’érup-tion, serpentines, porphyres, trachytes, se rencontrent en maintes partiesde l’île de même qu’en face, dans la presqu’île érythréenne : les deux massifsparallèles, que sépare un bras de mer ayant au seuil 25 mètres de profon-deur seulement, se trouvent dans la même aire d’ébranlement volcanique.On sait que cette région de l’Ionie , l’une des plus riches de l’Asie Mineureen sources thermales*, est une de celles qui ont le plus à souffrir dessecousses intérieures. Pendant la deuxième moitié du siècle, peu dedésastres ont été comparables au terrible tremblement qui renversa la villede Chio. Au mois d’octobre 1885, le sol frémit de nouveau, principalementau-dessous de la région érythréenne , où se voit un petit cratère, près deTchesmeh. Le sol s’entr’ouvrit dans le district de Latzata. Les sourcestarirent, tandis que d’autres s’élancèrent du soi ; plusieurs villages et desquartiers de villes furent renversés ; plus de cinquante mille personnescurent à camper près de leurs maisons démolies.
La chaîne qui se rattache par un seuil peu élevé aux monts du Tmoluset se recourbe vers l’ouest pour limiter au nord la haie de Smyrne n’estpas au nombre des saillies remarquables de l’Asie Mineure par la superficiequ’elle occupe et la hauteur de ses pics, mais elle a un grand nom dans le