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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
mythe et l’histoire. C’est le Sipyle où régna Tantale , et la montagne laplus haute que l’on voit en face île Smyrne , profilant son cône émousséau-dessus d’autres croupes plus rapprochées, est le « Trône de Pélops »,où siégea le chef de la famille qui donna son nom au Péloponèse '. Lesanciens auteurs parlent d’effroyaldes tremblements de terre qui ren-versèrent les cités et « dévorèrent » le mont Sipyle. On ne reconnaît aucunetrace de ces cataclysmes, mais toute la partie occidentale de la chaîne,désignée par le nom turc de Yamanlar-dagh, est formée de roches érup-tives; la partie occidentale du Sipyle, le Manissa-dagh, ou « Mont deMagnésie », se compose de roches crétacées, qui se terminent brusque-ment, sur le versant du nord, par de formidables parois, diversement colo-rées, percées de grottes, coupées de failles qui semblent traverser lamontagne de part en part; de véritables tranchées, d’une régularitéparfaite, s’ouvrent ainsi et pénètrent au loin dans les rochers entre deuxmurs verticaux. A l’est du Manissa-dagh, la plaine de Sardes , que parcourtle Ilermus, longe le versant septentrional du Tmolus, connu en cet en-droit sous le nom de Boz dagli, ou « mont Gris ». Ces pentes, commecelles du Misoghis au-dessus de la vallée du Méandre, sont flanquées dedébris rougeâtres en terrasses, que découpent les rivières en massifs dis-tincts et dont les pluies sculptent le rebord en pyramides et en obélisques.Plus hautes que celles du Méandre, les terrasses de la vallée de Sardesfirent également partie de couches continues qui occupaient toute la lar-geur de la plaine, avant que le Ilermus s’ouvrit un défilé vers la mer, entreie Sipyle et les montagnes de Jlassan-dagh.
Les massifs qui font face au Tmolus, au nord de la vallée d’Alachehr,sont en partie de formation volcanique et l’une des plaines qu’ils enfer-ment est le « Pavs Brûlé », la Katakekaumené des Grecs. Un cône d’érup-tion, le Kara Devlit ou 1’ «Encrier Noir », qui s’élève à 150 mètres environau-dessus de la plaine de lvoula, est composé en entier de cendres et descories noirâtres, qui cèdent sous le pied. A l’ouest de l’Encrier Noir, deuxautres cônes d’éruption au cratère régulier se succèdent à 11 kilomètresd’intervalle et, comme le Kara Devlit, donnent naissance à des coulées delave qui descendent du nord vers le ilermus: le cône le plus occidental, leKaplan Alan, « Antre du Tigre », présente une coupe terminale de 800mètres de tour. Depuis un nombre inconnu de siècles les « cheires » ontgardé les aspérités de leur surface ; comme aux temps de Strabon , ellesméritent pleinement leur nom de Pays Brûlé : stériles et noirs, ces fleuves
G. Weber, Le Sip’jlos cl ses monuments.