502 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
courant de sortie et du contre-courant de rentrée entre la mer Noire etla mer de Marmara ; on ignore même si le niveau des deux nappes mari-times ne présente aucun écart. Les eaux du Pont-Euxin qui affluent versl’entrée du Bosphore en suivant les rivages de la Turquie , ne peuventtoutes pénétrer dans l'entonnoir du canal ; il se forme une sorte de remousou contre-courant qui projette la masse liquide le long des côtes de l’Ana-tolie : la vitesse moyenne de ce courant, que l’on remarque jusqu’à Sinope ,est de 2 à 5 kilomètres, même de 4 kilomètres devant Ineboli. C’est aupied du phare de ce port que l’on a constaté pour la première lois desmarées régulières dans la mer Noire : sur les côtes voisines du Bosphore ,M. Yidal-Naquet a reconnu que les deux oscillations diurnes du flot varientde 9 à 12 centimètres suivant l’état du vent. En pénétrant dans le ruisseaud’Ineboli, le flot remonte le courant en un mascaret très énergique jusqu’à2 kilomètres de distance 1 * .
Te lac d’Isnik ou Nicée est un bassin d’eau douce comme le Salmndja,et communique aussi avec la mer par un effluent. A l’ouest, le golfe deGhemlik se projette au loin dans l’intérieur comme pour s’unir au lac dTs-nik, qui sans doute fut lui-même un golfe à une époque antérieure : ladistance de la mer au lac n’est que de 12 kilomètres, et la différence deniveau est de 50 mètres seulement. Au sud-ouest, un autre bassin lacustre,qui a conservé son nom grec d’Apollonia sous la forme d’Abolonta ou Abo-lounia, occupe une superficie à peu près égale à celle du lac de Nicée etcomme lui semble avoir été plus étendu à une époque relativement mo-derne; des coquillages de nuances aussi vives que ceux des grèves de la mervoisine parsèment les rives du lac d’Apollonia et les îles naguère immer-gées. L’affluent de ce bassin lacustre rejoint la forte rivière de Sousourlu-tcliaï, presque en face du confluent d’un autre ruisseau qui apporte le trop-plein du lac de Maniyas, l’ancien Miletopoliles ou Aplianitcs. De mêmesdimensions que le lac d’Apollonia, celui de Maniyas se trouve également àune très faible élévation au-dessus du niveau de la mer*. 11 termine à l’ouestla chaîne des lacs qui se succèdent parallèlement aux rivages méridionauxde la mer de Marmara et qui semblent être les restes d’une ancienne Pro-pontide entre l’Egée et le Pont-Euxin . Des quatre grands lacs de cette chaîne,celui d’Apollonia est le plus utilisé pour la navigation; ses riverains, derace grecque, cinglent sur la nappe d’eau en des barques de commerce fai-sant escale de village en village 3 .
1 Vidal-Naquet, Notes manuscrites.
- P. de Tchilialdieff, ouvrage cité.
3 George l’errol, Souvenirs d’un voyage en Asie Mineure.