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sable des plages du nord, n’a plus qu’une largeur de 43 mètres, et sa pro-fondeur, d’environ 19 mètres, diminue annuellement de 2 à 5 centimètres;des tempêtes ont parfois approfondi brusquement le passage, mais, après cesretours soudains, le lent travail de comblement a repris et le fond s'ex-hausse de nouveau. D’après les évaluations des ingénieurs, le chenal seraitréduit à 12 mètres vers l’an 2000; la grande navigation deviendra biendifficile, impossible même, avec le port de Smyrnc, si jusqu’à cette époqueon n’a pas pas rendu au bas Ilermus son ancien cours vers Phocée, demanière à rejeter les alluvions dans le golfe extérieur 1 .
Les fleuves méridionaux du versant de la mer Egée sont également parmiles cours d’eau « travailleurs » qui ont conquis de vastes étendues sur lamer, aidés peut-être par un soulèvement graduel du littoral. Tandis quele Ghediz menace seulement le port de Smyrne , le Caïslre ou KoutehoukMendcreli,c’est-à-dire le « Petit Méandre», l’ancien « Fleuve des Cygnes»,a depuis longtemps comblé les ports d’Ephèse , et le Grand Méandre achangé en lac intérieur le port de Milet . Dans aucune autre partie dumonde, le travail de comblement par les alluvions fluviales ne se fait avecune pareille rapidité, si l’on tient compte du faible débit de ces rivières,que l’on ne saurait comparer à des fleuves comme le Mil, le Plume ou le Pô.Ainsi, quoique le Petit Méandre n’ait guère plus de 123 kilomètres en coursdéveloppé et que la superficie de son bassin soit, de 3000 kilomètres carrésseulement, quoique les pluies y soient en moyenne moindres d’un cin-quième que sur le territoire français 2 , il a pu emplir les ports d’Ephèse ,combler l’estuaire qui, d’après le témoignage de Eéon le Diacre , existaitencore au douzième siècle de Père vulgaire, et faire avancer la plage de8 kilomètres. De tels changements ont fait supposer que les oscillationsdu sol ont leur part dans le déplacement du littoral. Des nivellements pré-cis faits dans les substructions des travaux hydrauliques de l’ancienneEphèse permettront de résoudre ce problème de physiographie.
Le Bouyouk Mendcreli ou « Grand Méandre » est en effet l’un des coursd’eau les plus abondants de l’Anatolie ; entre ses sources et son embou-chure, la longueur développée du lit est d’environ 380 kilomètres etquelques-uns des affluents du Méandre n’ont pas moins de 100 kilomètres;l’ensemble du bassin comprend une superficie d’environ 23 900 kilomètrescarrés, ce qui permet d’évaluer le débit normal du fleuve à plus de 200mètres cubes par seconde, d’après la quantité moyenne des pluies qui
1 Abrami, Noies manuscrites.
- Julius llann, Ilandbucli (1er Klimatolocjie.