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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

tombent dans la contrée. Le Méandre naît sur le plateau, dans le petit lacde lloïran, à près de 1000 mètres d’altitude. A peine sorti du bassin, il dis-paraît dans une tissure de la roche calcaire, pour surgir à l’est deDincïr,puis il s’engouffre encore et jaillit une seconde fois, tout près de la ville.Au pied des roches qu’il vient de traverser, il entre dans une vaste plaine,qui fut jadis un lac et, quoique coulant à l’air libre, cesse d’èlre visible(mire les fourrés déjoues qui le bordent à des kilomètres de distance : cesroseaux, au milieu desquels serpente le Méandre caché, sont ceux que lafable nous montre s’inclinant sous la brise pour répéter sans fin la hontedu roi Midas. Au sortir de cette plaine, le Méandre , doublé par le Banas-tcliaï, traverse d’étroites gorges, puis entre dans les magnifiques campagnesqui, sauf de courts espaces rocheux, se prolongent jusqu’à la mer; en cetendroit, il semble avoir déjà tout son volume; en temps de crue, c’est unvéritable fleuve, rongeant ses rivages, s’ouvrant de nouveaux lits, formantou détruisant des îles. Lue autre rivière, qui paraît à peine son inférieure,le Tclioruk-sou, l’ancien I.ycus, vient à sa rencontre et mêle son courant ausien; des nappes, provenant d’infiltrations latérales, se répandent au loindans la plaine et lui donnent ç;è et là l’aspect d’un marécage. Des fontainesincrustantes jaillissent par centaines aux bords du Lycus et lui versentleur flot d’un blanc laiteux. 11 paraît qu’au temps d’Hérodote les concré-tions formées sur chaque rive par ces eaux calcaires s’étaient rejointes demanière à s’étendre en voûte au-dessus du fleuve; le courant disparaissaitsur une espace de cinq stades, environ un kilomètre. Le tunnel n’existeplus, mais on reconnaît encore les parois surplombantes que les incrusta-tions avaient soudées au roc. L’Ak sou, ou « Eau Blanche », la rivièrepétrifiante qui avait le plus contribué à former la voûte, s’est déplacée versl’amont, les concrétions se sont effondrées et le Lycus coule de nouveau àl’air libre. En peu de temps les roues des moulins reconstruits au bordde l’Ak sou disparaissent sons un cercle de pierres et les arbres sur les-quels tombe son eau se changent bientôt en rochers'.

La montagne qui domine le confluent du Méandre cl du Tchoruk-souest flanquée à sa base, sur une longueur de plusieurs kilomètres, d’uneterrasse régulière à deux étages dont la hauteur au-dessus de la plaine estd’environ 00 mètres : cette terrasse, où l’on voit, à trente kilomètres, res-plendir des coulées blanches comme des cascades de lait, a été en entierformée par les concrétions des fontaines pétrifiantes : la plupart des voya-geurs lui donnent le nom de Pambouk-kaleh (ou Pambouk-kalessi), « château

1 Hainilton. Rcsearches in .1 sia J/inor.