NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
51-2
concrétions calcaires déposées par les fontaines de Tambouk sont an nombredes pins étonnantes formations de la Terre ; mille part le travail lent et con-tinu de la goutte d’eau ne se montre sous un aspect plus grandiose. Dans uncreux de la terrasse supérieure, au pied des longues pentes de la montagne,plusieurs sources s’unissent en une pleine de plus de 5 mètres de pro-fondeur, parsemée de corniches brisées et de fûts de marbre blanc, débrisd’un portique écroulé. Un ruisseau thermal, s’échappant de la piscine,traverse le plateau et pénètre sous les voûtes d’un palais ou gymnase dontil a recouvert les parois sous une couche de 5 mètres, puis s’unit à un autreblet thermal, et s’épanche de gradin en gradin sur le rebord de la falaise.La quantité d’eau qui tombe est peu considérable, peut-être 00 litres parseconde, mais d’en bas on croirait que la cascade, dont les nappes seconfondent avec leur lit de pierre, est celle d’un fleuve immense; en hiver,au printemps et même pendant les matinées d’été, les vapeurs qui s’élèventde l’eau tiède et flottent dans l'atmosphère ajoutent à l’illusion : à traversce voile léger on croit distinguer la chute du flol tumultueux. Quand, ense rapprochant de la falaise, qui se développe en un vaste cercle d’un demi-kilomètre de tour, on reconnaît qu’il en tombe seulement une mince nappetransparente, c’est à l’écroulement d’un glacier que l’on compare alors lesassises mamelonnées de la roche éblouissante. Comme la glace des Alpes ,le travertin de Ilierapolis mêle à sa blancheur les belles teintes d’un bleudélicat; en outre, il se nuance çà et là de rose et de vert comme les albâ-tres et les marbres. Grandiose dans scs proportions, l’amphithéâtre estcharmant dans les détails de ses roches blanches ou faiblement colorées; entombant, l’eau graduellement refroidie s’épand en vaguelettes dont la der-nière s’arrête en déposant un ourlet calcaire; chaque gradin se trouve ainsiformé de vasques à margelle ronde, au-dessous desquelles se succèdentd’autres bassins en bénitier. L’eau descend de degré en degré comme parun immense « escalier de Neptune ». Mais dans son parcours elle brodeet guillochc partout la surface de la pierre; il n’est pas un coin de laroche qu’elle ne sculpte d’arabesques.
En aval des ruisseaux qui lui apportent les eaux pétrifiantes de Tam-bouk et des hauteurs voisines, le Méandre serpente dans sa large plaine enformant ces tours et détours auxquels on a donné son nom. Il est vraique le courant descend en « méandres » jusqu’à la mer, et semble maintesfois revenir sur lui-même ; mais à cet égard le fleuve reste bien inférieur àd’autres rivières : il ne décrit point de boucles comparables à celles du Lot ,de la Seine et du Cliicrs, il n’a point d’anses comme celles du Mississippi,dont la courbe d’aval se rapproche de celle d’amont et finit par la rejoindre.