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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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FONTAINES INCRUSTANTES DE L’AK SOU ET DE TAMBOl'K.

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du Colon », sans doute à cause des amas blanchâtres qu’ont déposés leseaux; cependant les gens du pays rappellent distinctement Tambouk 1 :c'est le Ilierapolis des Grecs. De l’étage supérieur, qui borde la montagnesur une largeur de cinq ou six cents mètres, jaillissent les sources ther-males les plus nombreuses et les plus abondantes; les unes ont une tem-pérature de 60 degrés, les autres de 50 ou même seulement de 10 ou de56 ; toutes ont un goût légèrement acidulé et ferrugineux, toutes dégagentde l’acide carbonique. Le sol est recouvert par les couches de travertinmamelonné que ces fontaines ont déposées ; partout se voient les tracesd’anciens lits abandonnés par suite du déplacement des sources, qui, aprèsavoir exhaussé leurs margelles et les bords de leurs canaux d'écoulement,se sont ouvert une issue plus bas. Des ruisselets thermaux qui n’ont pus’échapper par une fissure latérale n'ont cessé de s’élever au-dessus du pla-teau et coulent dans la rainure supérieure d’une haute muraille que lesdépôts du Ilot surabondant ont bordée de stalactites. Un de ces murs deconcrétions, percé à sa base par un ruisseau d’origine récente, n’a plusgardé que son assise supérieure, travée naturelle, frangée de pendentifsqui ressemblent aux glaçons des cascades. Ces phénomènes de « trans-formation de l’eau en pierre » frappaient vivement les anciens. Slrabondit que l’eau de Ilierapolis passe si rapidement à l’état solide, qu’en la con-duisant en un canal, celui-ci est aussitôt remplacé par un mur mono-lithe. D’après Yitruve, les habitants auraient élevé ainsi des clôtures autourde leurs champs. Du temps de Strabon , il existait près de Ilierapolis unecaverne d’où se dégageaient des gaz acides carboniques, mortels à quiles respirait. Les explorateurs modernes ont vainement cherché cet antrede vapeurs*.

Mais les anciens ne parlent pas de la vraie merveille de Tambouk. Toutle pourtour de la terrasse supérieure est rayé de cascades, et là même oùles eaux ne descendent plus en nappes et en fusées, les parois voisines,formées de concrétions que d’autres ruisseaux déposèrent dans leur fuite,semblent elles-mêmes autant de cataractes : devant ces masses d’un blanclaiteux, dont les gradins se succèdent sur le flanc de la montagne, on setrouve comme devant un torrent figé : il semble que le Niagara vient des’arrêter soudain. Des six grandes cataractes de pierre une surtout frappele spectateur par ses dimensions prodigieuses : c’est la falaise méridionale,située immédiatement au-dessous des ruines de l’antique Hier x "s. Les

1 Fellows; — Ernest Renan .

- I’. de Tclnhatcheff, Asie Mineure.