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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
rivière se précipitant avec fracas d’une roche très élevée 1 , a cessé d’existeret s’est divisé probablement en de nombreux rameaux superficiels ou sou-terrains. Des fontaines d’eau douce qui jaillissent en pleine mer sont par-faitement visibles du haut de la falaise, grâce à la différence de réfractiondans les deux milieux 2 .
L’Ak sou, c’est-à-dire la « rivière Blanche », qui égoutte les campagnesoccidentales du bassin pierreux, naît dans les montagnes à l’ouest du lacd’Egherdir, et peut-être que ce bassin écoule soulcrrainemont son trop-plein par cette rivière, ce qui expliquerait pourquoi il n’est point salécomme presque tous les autres réservoirs fermés. Le lac d’Egherdir est pro-bablement le plus considérable de l’Asie Mineure, quoiqu’il n’occupe pointune surface aussi étendue que le grand Lac Salé de Lycaonie , mais il n’est,pas comme ce dernier une nappe sans profondeur. La cavité lacustre d’Egher-dir, ovale qui se prolonge du nord au sud et qu’une chaîne transversaledivise en deux lobes, ressemble dans sa partie méridionale à un lac desAlpes ; des escarpements aux terrasses boisées la dominent; de petites îles,où brillent des maisonnettes blanches entre des groupes de peupliers, sereflètent dans l’eau bleue; à chaque pas l’infinie variété de la côte denteléetransforme le paysage. Les deux lacs de Bouldour et de Tchourouk-sou,situés à l’ouest sur un plateau faiblement accidenté, diffèrent de l’Egherdir.Entourés de plages basses qu’ils couvrent et découvrent tour à tour, ilsont un aspect marécageux sur une grande partie de leur étendue. L’eau duBouldour est jaunâtre; celle de Tchourouk-sou renferme des sulfates demagnésie et de soude associés au sel marin ; en été, l’eau se retire en lais-sant sur les bords ces substances cristallisées en dalles solides.
Quoique bien rapproché des pentes qui s’inclinent au sud vers le golfed’Adalia, le Beïeliehr-gol est au nombre des lacs appartenant au sys-tème des bassins fermés de l’Anatolie . Le Beïchehr, appelé aussi lacde Kereli, — nom qui diffère à peine de l’ancienne dénomination grecquede Karalitis, — est beaucoup moins vaste que le grand Lac Salé, maispeut-être contient-il une masse liquide plus considérable, car il offre quel-ques cavités profondes au pied des escarpements rocheux de sa rive occiden-tale; au sud, les blancs sommets des montagnes de Pisidic se reflètent dansl'eau bleue. Des torrents nombreux descendent des hauteurs voisines dansle Beïchehr-gôl, mais la plupart des sources se perdent dans les fissures dusol avant de l’atteindre; le bassin est principalement alimenté par des
: Livre XIV, tluip. iv.
- Fellows, Travels in Lijcia.