MÉANDRE, RIVIÈRES DE PAMPIIYLIE. M 7
dix-neuf siècles que l’ancien golfe est devenu lac; mais le tracé du littorala changé, puisque la ville, alors située au nord de la mer, en est mainte-nant à 8 kilomètres. Non loin de là, près de Makri, se voit une preuve évi-dente des oscillations de cette partie du littoral. Un sarcophage bâti sur lele sol est couvert de serpules et foré par des animaux marins jusqu’au tiersde sa hauteur : après avoir baigné dans le Ilot, il se trouve de nouveau surla terre ferme. Sur le littoral de l’Asie Mineure, les côtes de la Lyeie sontles seules où des coraux, de l’espèce cladæora cæspilosa, bâtissent des ré-cifs étendus; du corail rouge naît aussi dans les fonds, mais ses ramuressont trop petites pour qu’il vaille la peine de les pécher'.
Sur la côte sud-occidentale de Lyeie, le port de Palara est aussi devenuun lac ou plutôt un marais; mais un changement bien plus considérables’est accompli en Pamphylic, sur le littoral septentrional du golfe d’Adalia.Là, du temps deStrabon, s’étendait le lac « très vaste » de Capria, rem-placé maintenant par des terres humides, ici marécageuses, ailleurs cou-vertes de broussailles; des lagunes croupissantes emplissent les bas-fonds,séparées de la mer par une plage de sable jaune qu’ombragent des pins ma-ritimes. Tchihalchcff évalue à 400 kilomètres carrés la surface du bassinlacustre de la Pamphylic, qui fait actuellement partie de la terre ferme.Mais ce ne sont pas seulement des alluvions qui ont comblé l’ancienréservoir : d’innombrables sources saturées de calcaire, comme les fontainesîle Tamhouk, l’ont déposé en croûte sur le sol, si rapidement que lesherbes et les feuilles sont déjà pétrifiées avant d’avoir perdu leur couleur 2 ;même en certains endroits, l’eau s’écoule par-dessus les falaises jusquedans la mer, et d’énormes stalactites sont suspendues au-dessus des va-gues. Près d’Adalia, on voit distinctement que le front des falaises s’estavancé d’au moins 500 mètres, grâce à ces continuels apports. Les rivièresqui ont recouvert la contrée de couches de travertin changent incessam-ment de cours : élevant peu à peu leurs lits de pierre au-dessus de laplaine environnante, elles finissent par couler en de hauts aqueducs; tôtou lard, les berges cèdent en quelque point faible et le flot se précipitepar la brèche latérale pour former un autre lit. Ailleurs, les eaux cou-rantes disparaissent dans le sol poreux, sous des arcades naturelles. Desiècle en siècle, la ramure hydrographique est complètement changée :c’est en vain qu’on a cherché à concilier les textes des auteurs avec l’étatde choses actuel. Le Cataractès dont parle Strabon , comme d’une grosse
’ Spratt and Forbes, Travels in Lycia, Milyas and the Cibyraiis.2 Dcaufort, Caramania.