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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Quant au fleuve le plus abondant de tout le littoral, à l’ouest de la CilieieChampêtre, l’Ermerek-sou (Côk sou) ou Calycadnus , il est trop violentpour avoir jamais été navigable, quoi qu’en dise. Ammien Marcellin , seulparmi tous les auteurs. Plus à l’est, dans la Cilieie proprement dite, leTarsous-tebaï ou « fleuve de Tarse », n’est qu’un faible cours d’eau, maisc’est la rivière fameuse dans l’antiquité sous le nom de Cydnus. Sa sourceest l’une des plus abondantes de l’Asie Mineure. De la paroi d’une rocheinclinée, toute percée de crevasses, s’élancent d’innombrables blets qui seréunissent dans un bassin d’où la rivière, infranchissable déjà, descend enbonds furieux à travers les blocs écroulés et disparaît dans une cluse;des cèdres superbes ayant au moins cinq mètres de circonférence, deschênes, des platanes entourés de lierre et de houblon croissent à côté dela source. Descendant par de gracieuses cascades dans la plaine de Tarse,le Cydnus « aux eaux froides » arrose des jardins et des vergers, puis, serépandant en marais qui remplacent un ancien lac, entre dans la mer àune petite distance à l’ouest de l'embouchure du Scïhoun. Comme tantd’autres courants de l’Asie Mineure, le Cydnus a souvent changé de lit : iltraversait autrefois la ville de Tarse; depuis la fin du seizième siècle ilcoule à l’orient des murs 1 .

Mais les fleuves errants par excellence sont les deux rivières de la Cilieieorientale, le Sa rus et le Pyramus, que les Turcs et les Arabes appellent Seï-houn (Sihoun, Silian, Saran) et Djihoun (Djilian), soit en souvenir desdeux grands lleuves du même nom dans le Turkestan , plus connus aujour-d’hui comme le Sir et l’Amou, soit par allusion aux deux courants duParadis mythique. Le Sarus est le plus abondant et celui qui a la plusgrande longueur. Xé vers le milieu de la racine péninsulaire, au nord-est dumont Argée, dans les montagnes qui dominent au sud la vallée du hautJvizîl irmak, il reçoit les eaux qui coulent dans les dépressions parallèles del’Anli-Taurus et qui toutes échappent, à la région montucuse par descluses profondes et d’un aspect grandiose; à l’ouest, d’autres torrents des-cendent du plateau central vers le Sarus, après avoir traversé le Taurus pardes gorges encore plus difficiles d’accès que les Portes Cilicicnnes. LeDjihoun ou Pyramus naîl dans la région laitière de l’autre côté de laquellecoule l’Euphrate, mais jusqu’à nos jours Strabon reste le seul voyageurqui décrive la source du fleuve, « gouffre profond d’où l’eau s’élance tout àcoup, si puissante qu’un javelot ne s’y enfonce qu’avec peine. » C'est aussiStrabon qui parle, et en termes d’une rare précision, de la gorge par

' 1‘. de TcLihateheff, ouvrage cité; — Kotschy, Reise in den Cilicischen Taurus.