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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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LACS DE PISIDIE ET DE LYCAONIE.

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tcurent des cônes volcaniques et des coulées de lave; en été, quelques-uns des bassins de sel qui le bordent sont taillés en carrière par lespaysans des alentours, et chaque hiver la croûte se reforme. Au sud, le lacd'Eregli est plutôt une nappe d’inondation, qui se prolonge sur une cen-taine de kilomètres, parallèlement à la base septentrionale du Douigar-dagh; ce vaste marécage est parsemé d’étangs, les uns qui sont toujours sa-lins, les autres que de petits affluents remplissent d’eau douce en hiver,mais (pii redeviennent un peu saumâtres en été. Le lac d’Eregli est en-core le tributaire de la Méditerranée par un ruisseau qui descend au suddans un bassin de marbre situé à une dizaine de mètres en contre-bas. On11 e sait où rejaillit ce torrent, sur le versant opposé des montagnes, quoi-qu’il emporte une masse liquide, très considérable, surtout au printemps,lors de la fonte des neiges : alors les deux lacs d’Eregli et de Kara hou-nar, ainsi que tous les marais de la plaine basse, se changent en une vaste,mer intérieure, large de 150 kilomètres, qui s’étend à l’ouest jusqu’auxportes de Konieh . Parmi les sources qui alimentent le bassin d’Eregli, ungroupe de fontaines thermales se reconnaît de loin aux cônes que formentles eaux en déposant autour de l’oritice les substances en solution.Comme à Tambouk, la pierre finit par obstruer les issues, et l’eaujaillissante, cherchant d’autres ouvertures, dresse butte après butte;le plateau s’accroît peu à peu, maintenant une hauteur uniforme. Quoi-que appartenant en apparence au même lac souterrain, les diversesfontaines sont de température et décomposition diverses; les unes ont[dus de 50 degrés centigrades, les autres sont presque froides. Tandis que,l’eau d’un bassin dépose du sel marin, celle d’un autre amène du soufre etla plupart s’entourent d’une margelle de gypse ; une source forme un ruis-selet d’eau pure. La matière pierreuse en solution dans l’eau des fontainesd’Ercgli est si abondante, que les bulles de gaz, en contact avec l’atmos-phère, se transforment immédiatement par l’évaporation en coquilles d’uneténuité infinitésimale qui, pressées les unes contre les autres, s’agglo-mèrent graduellement en une masse compacte, ayant la contexture del’oolithe 1 .

Du temps des anciens, le Cestros, l’Ak sou de nos jours et la rivière voi-sine, le Kôpro-sou ou Eurymédon, étaient navigables à leur embou-chure ; maintenant ils sont fermés aux barques, tandis que le Mêlas,appelé aujourd’hui Manavgal, porte des bateaux à voile, sans que les au-teurs grecs et latins le mentionnent comme accessible aux embarcations.

1 Hamilton, Rcsearches in Asia Minor .

IX.

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