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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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croit être la souche du mouton européen . La Péninsule, patrie de tant d’es-pèces végétales, a donné ainsi à l'humanité deux de ses animaux domes-tiques les plus précieux. Quant à la chèvre d’Angora, si remarquable parl’éclat et la finesse de son poil soyeux et frisé, les naturalistes se demandentsi elle est bien d’origine anatolienne, car aucun auteur classique neparle de cet animal, qui eût été cependant de nature à les frapper, et bienqu’ils mentionnent tous les moutons dont la laine servait à tisser desétoffes estimées, nul ne signale l’emploi du poil de chèvre pour la fabrica-tion des tissus fins. C’est aux tribus turques immigrées dans la Péninsule ,au onzième et au douzième siècle, que M. de Tchihatchcff attribue l’intro-duction des chèvres d’Angora, et il n’est pas éloigné de placer le lieu d’ori-gine des émigrants et de leurs troupeaux dans une vallée de l’Altaï , celle dela lîoukhlarina, affluent de ÎMrlîcb ; cette région est célèbre dans toute laSibérie par la beauté de scs chats, plus remarquables encore que ceux d’An-gora, et se distinguant comme les chèvres du pays par les ondes soyeusesde leur poil, ce qui semble indiquer des conditions analogues dans le cli-mat. Quoi qu’il en soit, la chèvre d’Angora occupe actuellement un territoirepeu étendu, environ 40 000 kilomètres carrés, et dans ce domaineelle ne prospère que sur les plateaux et dans les vallées dont l’altituden’est pas inférieure à 000 mètres et ne dépasse pas 1000. L’ensembledes troupeaux comprend quatre à cinq cent mille chèvres. L’acclimate-ment de ces animaux précieux est très difficile, le moindre déplacementdétériorant la qualité de la laine; cependant la zone d’habitation de l’ani-mal s’est récemment accrue. Quant à la race ovine, la variété la plus com-mune est celle des karamanli ou moutons à grosse queue, qui domine aussien Syrie, dans la région des steppes asiatiques et jusque dans la Russie méridionale. Sur tous les plateaux unis et dans les plaines on ne voit guèreque des troupeaux de moutons; la chèvre a pour domaine exclusif lesescarpements des montagnes. Partout le sol des steppes est percé de gale-ries par les gerboises.

De tout temps les bœufs ont été rares en Asie Mineure, et dans certainsdistricts il serait même difficile de les nourrir, les pâturages n’offrantqu’une herbe trop courte aux grosses lèvres de l’animal. Il paraît qu’il existedans l’Anatolie sud-occidentale quelques zébus, semblables à ceux de l’Inde par la bosse dorsale et les petites cornes mobiles. Mais l’espèce bovine laplus commune est le buffle, qui peuple les bords de rivières et les régionsmarécageuses sur tout le pourtour de la Péninsule : il est même des con-trées, — telles les marais formés par les lits errants du Scïhoun et du I)ji-houn, — où le buffle vivrait encore à l’état sauvage ou bien y serait retombé.