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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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FAUNE DE L’ASIE MINEURE.

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Le seul chameau que possède l’Anatolie esl l’espèce à bosse unique, utili-sée comme bète de somme et non comme animal de course. Tandis qu’ail-leurs chameaux cl dromadaires ne peuvent traverser que les sables, lesargiles, les nappes salines du désert, les chameaux de l’Asie Mineure sesont graduellement accommodés à marcher sur les escarpements des monts,où d’ailleurs ils ne portent qu’une faible charge, à peine 100 kilogrammes.Ils sont devenus même plus habiles que le cheval à gravir les sentiersrocheux, mais aussi avec quelle précaution posent-ils leurs pieds sur lesoll ils marchent sans qu’on entende le bruit de leurs pas. La caravanene se révèle que par le son des clochettes suspendues au poitrail des ani-maux adultes. Le convoi est généralement composé de sept à neuf hèles,rattachées les unes aux autres par une corde comme des bateaux à laremorque; mais ce n’est point à un animal de liante taille que l’on a confiéla tète du convoi: le conducteur est presque toujours un petit âne; l'hommequi le monte, tenant son fusil devant lui, louche presque le sol de ses piedsballants, et au-dessus de sa coiffure le cou du premier chameau se recourbeen arcade. En Asie Mineure le chameau n’a pins cette antipathie contrele cheval, l’âne ou le mulet qu’il manifeste ailleurs; le cheval, parfaite-ment familiarisé avec lui, paît à son coté et se laisse attacher à la mêmemangeoire ; M. Ernest Desjardins a vu des chameaux et des ânes attelésau même joug. Depuis le douzième siècle, époque de l’introduction pro-bable du chameau comme bète de somme dans l’Asie Mineure, tous lesanimaux qui accompagnent le Turc nomade ont eu le temps de devenir amis.

L’immigration du chameau dans l’Anatolie est un des signes les plusfrappants des changements territoriaux et . ' , s accomplis : il symbo-

lise la substitution de la civilisation orientale à celle des races méditerra-néennes. Même les chevaux actuels de l’Asie Mineure paraissent être pour laplupart le produit du croisement des races de l’Orient; comme les che-vaux turkmènes, ils ont les jambes longues et la tète un peu forte relative-ment au corps, et ressemblent aux races de la Perse par le port de la queue;très forts, d’une rare endurance, ils gravissent les pentes les plus ardues;c’est dans les régions orientales, dans les provinces les plus rapprochées del'Arménie et de la Perse, qu’ils se distinguent par les formes les plus élé-gantes. Ils sont relativement peu nombreux, et soit comme bêtes de somme,soit comme montures, peuvent être remplacés par les chameaux et les ânes.Ces derniers, petits, abâtardis, souvent couverts de plaies, ne ressemblentnullement aux baudets superbes de Syrie ou d’Egypte , ni aux onagresque les auteurs nous disent avoir parcouru en multitudes les plateaux duCentre et dont on trouverait encore quelques représentants dans les régions