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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

qui comprenait aussi les Scldjoucides, sont encore nomades, se déplaçantdeux fois par an avec leurs troupeaux, entre les campements d’hiver etd’été. Quelques-uns possèdent de véritables maisons, comme les Turcspolicés 1 2 3 , mais la plupart n’ont, que des lentes noires en poil de chèvre oudes huttes de branchages dans lesquelles on ne pénètre qu’en se cour-bant et qu’emplit presque toujours la fumée. Les Yuruk ne sont mahomé-tans que de nom. La femme yuruk n’est pas voilée comme la Turque descités, mais elle ne lève point la tète quand passe l’étranger, à moins qu’ilne demande de l’eau ou du lait; alors elle se précipite pour remplir lacoupe demandée. D’ordinaire les cabanes sont disposées en rond, tournantleur ouverture vers la place commune où se font les gros travaux et où l’ondélibère sur les intérêts de la tribu; aux alentours rôdent les chiens har-gneux : chaque campement est un monde fermé qui n’invite pas l’étran-ger, et qui pourtant l’accueille. C’est par centaines que l’on évalue les tri-bus Yuruk éparses dans l’Asie Mineure ; la seule province de Brousse ena plus de trente, subdivisées en groupes sans aucune cohésion géogra-phique. Le nom générique de «Turcomans » est employé d’ordinaire pourindiquer ces classes de nomades : c’est un terme vague appliqué indis-tinctement aux bergers errants de toute race, et qui n’indique point iden-tité d'origine avec les Turkmènes de l’Asie centrale ; cependant plusieursécrivains font une distinction entre Yuruk et Turcomans. Les premiersseraient les habitants de la tente, n’ayant aucune résidence fixe; les secondsceux qui sont déjà devenus à demi sédentaires, principalement sur le pla-teau central et dans les monts de la région orientale*. D’ailleurs le passagede l’un à l’autre genre de vie est beaucoup plus commun qu’on ne le pense :en Anatolie comme en Perse, c’est de la sécurité générale que dépend l’ac-croissement ou la diminution des populations agricoles. Les Turcomanssurtout changent facilement leur état de bergers pour celui d’agriculteurs;il suflit de quelques années de tranquillité pour que les villages remplacentles campements. Souvent les Tsiganes ou Tchingani, maquignons, maré-chaux-ferrants, étameurs ou fabricants de tamis, qui errent en grandnombre dans l’Asie Mineure, campant d’ordinaire aux abords des cités,sont aussi confondus avec les Yuruk sous la vague désignation de Turco-mans. Dans la Lycie, des tribus de Bohémiens s’occupent de l’élève desbestiaux et possèdent des villages permanents*.

1 G. Perrot, Souvenirs d'un voyage en Asie Mineure.

2 llainiltoii, Researches in Asia Minor; — De Muuslier, Tour du Monde, 1" semestre 18G4; —■G. Palgrave, Essays on Eastern Questions.

3 Fellows, Travels and Researches in .4sia Minor.