HABITANTS DE L’ASIE MINEURE.
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«le commerce et de civilisation entre les deux versants de 1’F.urope et del’Asie inclinés vers le Propontidc et, de l’une à l’autre partie du monde, lesGrecs étaient toujours en mouvement à travers la mer Egée. Même descontrées les plus lointaines de l’Europe vinrent des immigrants en grandnombre : les Gaulois s’établirent en Asie et pendant des siècles se main-tinrent distincts des populations environnantes. Mais à aucune époquela Péninsule n’appartint à une nation homogène ayant même langue etmême civilisation ; jamais l’hégémonie n’échut à l’une ou à l’autre de sesraces. Ioniens, Lélègcs, Carions, Phrygiens, Papldagonicns, Eycicns et Cili-ciens, tous ces peuples divers cherchaient à sauvegarder leur autonomie, etmainte cité, réussissant à garder son indépendance, acquit en même tempsla force et la gloire, mais l’unité ne se fit jamais par la fédération desvilles; elle ne s’accomplit, en apparence, que par les conquêtes étrangères,qui de citoyens faisaient des sujets et des esclaves l .
Dans l'immense creuset de l’Asie Mineure, la plupart des anciennes na-tions ont perdu leur nom et jusqu’à la tradition de leur origine. Où sontles Chalybes qui enseignèrent jadis à leurs voisins l’art de fondre les mé-taux et de forger le fer? Où sont les Galales, frères des Gaulois de l’Occi-dent, qui donnèrent leur nom à l’une des grandes provinces de l’Asie ?Ces peuples et la plupart de ceux dont parlent les anciens comme habitantl’intérieur de la Péninsule n’existent plus à l’état distinct et se sont gra-duellement fondus avec les populations environnantes. Les Grecs à l’Occi-dent, les Arméniens et les Lourdes à l’Orient, sont les seuls qui puissentfaire remonter directement leurs origines jusqu’aux premiers temps histo-riques. Encore parmi ceux qui se disent Grecs en est-il plusieurs quiappartiennent aux anciennes peuplades du pays et que la langue et leculte « orthodoxe » ont rattachés à la nationalité dominante du littoral.
Dans l’intérieur, entre l’Arménie montagneuse et les côtes dentelées quebaigne la mer de l’Archipel , la grande majorité des habitants est de raceturque. Sur ces plateaux parsemés de lacs salins, les immigrants des steppesde l’Aral cL du Balkach trouvèrent une nouvelle patrie, peu différente del’ancienne, où ils pouvaient mener le même genre de vie. Parmi cesétrangers qui se sont substitués à la population primitive, il en est beau-coup dont les mœurs ont à peine changé depuis les temps de la migration,témoins vivants d’un état social qui a cessé d’exister dans les contréesdu monde dit civilisé. Ainsi les Yuruk, descendants des premières tribusturques arrivées dans le pays, appartenant à la horde du « Mouton Aoir »,